Coucou toi, tu es tombé(e) sur mon blog, je vais donc partager avec toi mon avis sur mes lectures. Tu y découvriras mes coups de cœur ainsi que mes vidéos YouTube & TikTok. J'espère que tu passeras un bon moment et que tu me donneras ton avis. Bonne lecture à toi ♡ Ophélie ♡
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mardi 4 octobre 2016

Mémoires de Géronimo - Recueillis par S. M. Barrett


 Auteur: Géronimo, S. M. Barrett

Editions:  La Découverte

Pages: 174

Prix: 8€

Date de parution: 18 août 2003

Style:  Histoire


Synopsis: En 1904, un "inspecteur général de l'éducation" de Lawton (Oklahoma) rencontre un vieil indien, prisonnier de guerre et déporté, loin de son Arizona natal, à Fort Sill où il terminait ses jours en cultivant des pastèques : il s'agissait du célèbre chef apache Geronimo qui avait tenu en respect victorieusement, des années durant, les meilleures troupes et les plus glorieux généraux des États-Unis. Des liens se nouèrent entre eux, sinon d’amitié (vu la méfiance légitime de l'Apache) du moins de respect mutuel. C'est ainsi que Geronimo accepta de raconter sa vie à S.M. Barrett, ce qui nous permet de lire aujourd'hui ce témoignage sur le génocide qui marqua la "conquête de l’Ouest".



MON AVIS
"Parce qu'il m'a donné la permission de raconter mon histoire ; parce qu'il a lu cette histoire et sait que j'ai essayé de dire la vérité ; parce que je crois qu'il a un esprit juste et qu'il veillera à ce qu'on fasse justice à mon peuple dans l'avenir ; et parce qu'il est le chef d'un grand peuple, je dédie l'histoire de ma vie à Théodore Roosevelt, président des États-Unis."

Comment rester insensible face à un tel récit, sorti de la bouche d'un des plus grands chefs indiens apache, Go Khla Yeh, surnommé Geronimo (1829-1909) par les mexicains ? Alors vaincu par les troupes américaines, il vit le reste de ses vieux jours au camp militaire de Fort Sill, en tant que prisonnier de guerre. Surtout, il parle... de sa vie, de son peuple, des envahisseurs blancs, que S.M. Barrett a compilé dans cet ouvrage d'une valeur désormais inestimable pour la mémoire des amérindiens. Et quel plaisir de tenir entre ses mains une traduction française de qualité, nous permettant, nous, français, d'avoir accès à ses paroles pour à peine 8 euros. On ne peut que remercier la démarche de l'éditeur, qui nous livre encore une fois un ouvrage de qualité.

LE PRODUIT
Quelques lignes sur le contenant, sobre mais parfaitement cohérent. L'ouvrage est relativement court (174 pages, dont plus de 40 pages de préface et d'introduction), les pages sont correctement aérées et la lecture confortable. La couverture est presque touchante, puisqu'il s'agit d'un portrait de Geronimo dans ses vieux jours, et je ne peux m'empêcher d'entrevoir dans son regard une certaine tristesse et nostalgie des jours passés où il était, lui et sa tribu toute entière, encore libre dans les vastes terres du Sud-Ouest des États-Unis. Bref, bonne impression sur le contenant. Passons maintenant aux choses sérieuses, c'est à dire au contenu.

LE CONTENU
Les paroles de Geronimo ont été compilées en quatre parties bien distinctes et relativement courtes : Les Apaches, Les Mexicains, Les hommes blancs & L'ancien et le nouveau.

La première partie est extrêmement intéressante, puisque Geronimo y raconte la cosmogonie selon les Apaches, et définit toutes les tribus apaches.

"Nous sommes en train de disparaître de cette terre et pourtant, je ne peux croire que nous sommes inutiles, sinon Usen ne nous aurait pas créés."

Puis il nous parle de son enfance, de sa tribu en particulier et de ses coutumes, de sa vie quotidienne, bref, de lui. Les pages défilent et mes yeux ne décollent pas tant ce qu'il y à dire est passionnant. Geronimo semblait alors heureux, libre, à sa place, en communion totale avec la Nature et parfaitement intégré dans sa tribu. Mais cet équilibre allait être cassé...

La deuxième partie est beaucoup plus dure et triste. On apprend que les mexicains ont tué sa mère, sa femme et ses enfants lors du même assaut

"Je n'avais pas d'armes, je ne pouvais pas me battre ni essayer de retrouver les corps de mes bien-aimés puisque c'était interdit. Je n'avais pas envie de prier et ne pus me résoudre à prendre une décision puisqu'il ne me restait plus rien."


"J'avais juré de me venger des troupes mexicaines qui m'avaient si cruellement traité et chaque fois que je passais près de la tombe de mon père ou que quelque chose me rappelait les jours heureux, mon cœur me faisait mal et criait vengeance."


Que voulez-vous rajouter de plus ? Guidé par la vengeance, Geronimo se rend à Arispe et tue beaucoup de mexicains, avec d'autres indiens.

"Je ne pouvais rappeler mes bien-aimés, je ne pouvais rendre la vie aux Apaches morts mais je me réjouis de cette victoire. Les Apaches avaient vengé le massacre de Kas-ki-yeh."


S'en suit une série de représailles d'un camp à l'autre, avec des périodes particulièrement compliquées et d'autres plus favorables. Une chose est sûre : Geronimo voue une haine farouche contre les Mexicains (on peut aisément le comprendre) et ne cesse de les harceler durant de nombreuses années. Il enchaîne les succès et les échecs, et ressors parfois de situations vraiment critiques. On ne peut qu'être admiratif d'un tel courage (ou d'une telle imprudence).

"Beaucoup de temps s'est écoulé mais je n'aime toujours pas les Mexicains. Avec moi, ils se sont toujours montrés déloyaux et criminels. Je suis vieux maintenant et je ne prendrai plus jamais le sentier de la guerre mais si j'étais jeune et si je pouvais prendre le sentier de la guerre, il me mènerait tout droit au Mexique."

Dans la troisième partie, Geronimo nous raconte ses premiers contacts avec l'homme blanc, qui sont apparemment assez sains. Mais rapidement, la lâcheté de l'homme blanc et sa capacité à mentir constamment en fait un ennemi à combattre. 

"La traîtrise des soldats avait irrité les Indiens et leur avait rappelé le souvenir d'autres trahisons, si bien que nous ne fîmes jamais plus confiance aux troupes des États-Unis."


En effet, Geronimo parle souvent de traîtrise de l'homme blanc et de mensonges, et on peut aisément se dire qu'il dit la vérité. Des combats violents éclatent entre les deux camps, Geronimo est fait plusieurs fois prisonnier, parvenant à chaque fois à s'enfuir. On lit tous ses combats avec passion et admiration, ne pouvait imaginer une seconde avoir une vie aussi fragile et trépidante que lui. Finalement, la tension des combats devient trop pressante, et les Apaches finissent par se rendre, lassés et fatigués de se battre pour survivre.

Voilà ce dit le Général Miles à Geronimo : "Le président des États-Unis m'a envoyé  pour vous parler. Il a entendu parler des difficultés que vous avez eues avec les hommes blancs et dit que si vous acceptez de faire un traité, il n'y aura plus de difficultés. Geronimo, si vous acceptez de faire un traité, tout s'arrangera à la satisfaction générale."

Le traité accepté, inutile de rappeler que l'homme blanc est encore menteur, faisant travailler durement les Apaches. Tout ce qu'avait promis le général Miles, la terre, les outils, la maison, le troupeau, tout cela n'est que mensonge... Geronimo est donc un prisonnier de guerre.

Enfin, la dernière partie, Geronimo parle des lois Apaches et de leur manière de vivre (danses, coutumes,...), avant de nous décrire une scène plutôt amusante : sa venue à l'exposition internationale. Je dis amusant parce que la naïveté de Geronimo envers le monde qui l'entoure est touchante.

"Dans un autre spectacle, des hommes étranges avaient des bonnets rouges et des épées curieuses, semblaient  vouloir se battre. Finalement, leur chef leur disait qu'ils pouvaient se battre. Ils essayaient de se taper sur la tête avec ces épées et je m'attendais à ce qu'ils soient blessés tous les deux ou même tués mais aucune d'entre eux ne fut blessé.  Il doit être difficile de tuer ces gens-là au corps à corps."


"Une fois, les gardiens m'emmenèrent dans une petite maison qui avait quatre fenêtres [Il parle de la grande roue]. Quand nous fûmes assis, la petite maison commença à bouger sur le sol [...] ils me dirent de regarder dehors et quand je le fis, je fus effrayé car notre petite maison était montée très haut en l'air et les gens en bas n'étaient pas plus gros que des fourmis [...] C'étaient de très curieuses petites maisons."


Plutôt touchant je trouve. Mais pas plus que les derniers mots de ce grand monsieur, qui a encore l'espoir que les choses s'arrangent un jour.

"Nous voudrions avoir le droit de retourner dans la terre qui est la nôtre de droit divin [...]. Nous ne demandons pas toute la terre que le Tout-Puissant nous a donnée au commencement mais qu'on nous en donne suffisamment pour faire de la culture [...]. C'est ma terre, mon pays, la terre de mes pères où je demande maintenant que l'on me permette de retourner. Je veux vivre mes derniers jours là-bas et être enterré dans ces montagnes. Si cela était, je pourrais mourir en paix en sachant que mon peuple, vivant dans sa terre natale, s'accroîtrait au lieu de diminuer comme à présent et que notre nom ne s’éteindrait pas [...]. Si seulement je pouvais voir cela se réaliser, je pense que je pourrais oublier toutes les injustices qui m'ont été faites et moi, vieil homme, je mourrais content et heureux."

Hélas, son souhait ne sera pas exaucé, et aujourd'hui, les usurpateurs blancs sont ceux que l'on appellent les Américains, la première puissance mondiale, capitaliste jusqu'aux bouts des ongles, puissance née dans le sang et par le sang du génocide des amérindiens. Il n'y a pas plus à dire.

CONCLUSION
Ce témoignage poignant et touchant est d'une grande valeur, et cet ouvrage est donc fort logiquement une grande réussite. Quelle fierté d'avoir l'histoire d'un grand homme comme lui dans ma bibliothèque, qui a enduré les pires mensonges, les pires traîtrises, les pires combats. Jeune, il était libre, heureux et épanoui. Vieux, le voilà prisonnier, malheureux et usé par le mensonge des blancs. Une telle vie mérite d'être lue. Et si je pouvais m'adresser à l'Homme blanc (rien de péjoratif) une bonne fois pour toute, voilà ce que je lui dirais : Ne reproduisons plus ces terribles erreurs du passé. Non, notre place n'est pas partout en ce monde. Non, toutes les terres, même inexplorées ou mal exploitées, ne nous appartiennent en aucun cas. Et non, toutes ces vies qui étaient là bien avant nous, n'ont pas à subir les conséquences de nos mauvais choix.



vendredi 8 avril 2016

Lettre à Hervé- Eric Sagan

Auteur: Eric Sagan

Editions:  CreateSpace Independent Publishing Platform

Pages: 112

Prix: 9€90

Date de parution: 16 mars 2016

Style: Biographie


Synopsis: Il y a 24 ans, tout a commencé par un cahier qu'Hervé n'aurait jamais du voir. Puis, il y a eu cette lettre. 24 ans après l'avoir écrite, 24 ans après avoir osé la donner à son destinataire, voici que la vie la renvoie à l'expéditeur, brute, touchante et drôle.
Pour parler de ce livre, il faut raconter l'histoire du livre lui-même. 
Il était une fois un garçon d'une vingtaine d'années. Qui tombe amoureux d'un mec. D'un mec hétéro. Rien de très original. Mais ce garçon se met en tête d'écrire une lettre. Dans cette lettre, il va raconter sa vie, son enfance, ses peurs, ses péripéties d'enfant normal, ou presque, péripéties touchantes, souvent drôles, parfois choquantes, toujours humaines. Cette lettre il la donne à Hervé. Et il la donnera également plus tard à ses parents, en se rendant compte qu'il n'avait jamais rien écrit de mieux pour expliquer qu'il était différent. Des années passent. Il reçoit alors l'appel d'un inconnu : le psychologue de son père. Il apprend que son père s'était lui aussi servi de cette fameuse lettre, pour parler de son fils sur le divan. Pourquoi ce psy avait-il appelé ? Pour demander l'autorisation de faire lire cette lettre à un autre patient, dont le fils était gay, lui aussi. Pour l'aider à accepter son fils. Cette histoire, vraie, et d’autres événements de la vie, allaient finir par convaincre l'auteur de publier cette lettre, sous forme de fiction, en préservant l'authenticité de l'original. Voici donc "Lettre à Hervé".

Mon avis: Tout d'abord, je tenais à prendre quelques ligne pour remercier Livraddict, mais aussi l'auteur lui-même pour m'avoir permis de découvrir cet ouvrage. Je tiens à préciser que mon avis reste objectif, comme toujours. Il s'agit certes d'un envoi d'une maison d'édition, mais j'ai pour principe de reste objective et impartiale, par respect pour moi-même et pour l'éditeur. Maintenant que tout cela est précisé, passons à la critique :)


Avant de parler du contenu, j'aime prendre quelques instants pour traiter du contenant, à savoir la couverture, et tout ce qui fait de ce livre un produit en tant que tel. Première chose, le nombre de pages, 112, ce qui en fait clairement un livre court et donc rapide à terminer. Mais ce n'est pas un mal, moi qui ai tendance à préférer la qualité à la quantité. Faut-il maintenant que la qualité soit bien là. 

Parlons ensuite de la couverture, très simple et sobre, qui montre un jeune homme au regard triste et perplexe. On comprend qu'il s'agit de celui qui a écrit cette lettre. Bon, il ne s'agit pas de la couverture du siècle, je la trouve un peu trop noyée de blanc, et la police est ce qu'il existe de plus simple au monde. Malgré tout, elle fait son job et n'est pas hors-sujet. Disons qu'on a devant soi le minimum syndical dans ce que l'on demande d'une couverture...

Ne perdons pas plus de temps dans le contenant, qui n'est clairement pas sa principale qualité. Car tout gagne en intérêt dans l'histoire. Il s'agit d'une lettre écrite un peu sous la forme d'un petit roman. 
On apprend que Hervé est l'homme dont l'auteur est tombé amoureux il y a 25 de cela, et que pour lui, il écrit une lettre où il explique l'histoire de sa vie, son parcours depuis l'enfance jusqu'à ce fameux jours de ses 24 ans. Il donnera cette même lettre à ses parents. Inutile d'en dire plus sur l'histoire, le synopsis en parle très bien.

J'ai aimé que l'auteur ne flirte pas avec les clichés et ne rentre pas dans ce qui aurait proprement pompeux, c'est à dire une sorte de morale sociale. Ici, il ne se prétend absolument pas comme un porte parole, mais explique simplement ce que l'on peut ressentir pour une autre personne, quelque soit son sexe. C'est donc un récit intimiste, teinté parfois de tristesse, parfois d'humour, où l'on perçoit tous les doutes d'un adolescent, où l'on découvre ses passions mais aussi ses obsessions. On vit avec lui tout ce qui lui arrive, et cela rend le contenu très intéressant. On apprend ses maladresses avec les filles, sa première relation avec une fille, mais aussi (et surtout) son premier amour à sens unique avec Michel. Bref, les pages défilent à une vitesse impressionnante, et le plus important : on ne décroche pas. On se trouve en présence d'un jeune homme qui a un instant de sa vie ressent le besoin de faire le point et d'extérioriser tout ce qu'il ressent par écrit.

En conclusion, je dirai que j'ai beaucoup aimé cette lecture, à la fois courte et intense, parfois triste, parfois drôle, mais toujours plaisante. La dernière partie du roman m'a un peu laissé sur ma faim, et j'aurai aimé en savoir un peu plus, notamment la réaction de Hervé quand il a lu cette lettre, lui qui n'est malheureusement plus de ce monde. L'histoire est touchante, le thème vraiment d'actualité, et je me dis que ce livre ne peut que faire du bien dans le contexte actuel, teinté d'homophobie et d'intolérance sociale. Juste une petite frustration (peut-être voulue par l'auteur) : j'aurai aimé connaître la réaction de Hervé, mais aussi celle de ses parents face à cette lettre, savoir pourquoi son père l'a donné à son psy, savoir si ils ont accepté leur fils et si aujourd'hui cela a pu aidé d'autres personnes ?

mardi 27 octobre 2015

Demain aussi le soleil brillera- Rebecca Edimo di Guisto

Auteur: Rebecca Edimo Di Guisto

Edition: Edilivre

Pages: 354

Prix: 24€

Date de parution: 2 mars 2015

Style: Témoignage



Synopsis: On en rêve tous, et Rebecca y a songé : elle a franchi le cap et changé de vie pour évoluer au rythme de ses envies ! Voyages, bonheurs et douleurs, tels sont les souvenirs de cet art de vivre atypique, celui de joyeux nomades qui nous entraînent tout d'abord au cœur de la savane africaine où l'auteure a passé trois merveilleuses années, certes parfois douloureuses. Elle décrit ensuite la douceur de vivre des cités costariciennes en Amérique Centrale, et expose les problèmes propres aux sociétés européennes en nous présentant la banlieue ouest de Paris. Périple après périple, galère après galère, l'aventurière et son mari cessent d'appartenir à une communauté et deviennent chaque jour un peu plus des citoyens du monde...

Mon avis: Je tiens tout d'abord à remercier l'auteur pour cet envoi et la confiance qu'elle m'a accordé dans le cadre de notre partenariat. 
Je tiens à préciser que mon avis reste objectif, comme toujours. Il s'agit certes d'un envoi d'un auteur, mais j'ai pour principe de reste objective et impartiale, par respect pour moi-même et pour l'éditeur. Maintenant que tout cela est précisé, passons à la critique :)

Pour ceux et celles qui me connaissent personnellement, vous savez quel est mon rêve : prendre une année sabbatique et un sac à dos pour partir à l'aventure et faire le tour du monde. Tout cela, si l'opportunité s'offrait à moi, sans la moindre hésitation ^^. Qui sait, peut-être aurai-je un jour les moyens de réaliser ce rêve, mais pour le moment, je dois finir mes études ! 

Bref ! Revenons à notre ouvrage.


On y découvre un couple mixte, Rebecca et Patrick, ou l'auteur et son mari, qui vont nous faire partager, à travers les souvenirs de l'auteur, leur périple d'un an au Kenya, en France et au Costa Rica.

Il faut savoir que ce livre n'est pas le premier de Rebecca Edimo di Guisto. En 2010, elle a publié un premier ouvrage,  "La vie sous d'autres cieux", où elle exposait aussi ses voyages. Puis, après les sollicitations de ses lecteurs, elle a décidé d'écrire "Demain, aussi le soleil brillera" afin d'approfondir certaines choses et d'y rajouter des souvenirs.


La couverture est parfaitement adaptée avec le thème du voyage de ce livre, sachant qu'il parle en grande partie du Kenya (et du Costa Rica). Etant à moitié africaine par les origines de ma mère, cette couverture m'a rappelé une photo que j'avais prise en Côte d'Ivoire durant mes vacances. Sympa, non?

(Galasouinda-Assinie en Côte d'Ivoire)





Le livre est divisé en trois parties, qui correspondent à trois pays différents : Le Kenya pour la première, qui représente la plus grosse partie du livre (218 pages), la France (54 pages), et le Costa Rica (70 pages).

Je ne suis vraiment pas habitué à lire ce type de livre, style "carnet de voyages", ou encore "journal intime". J'ai même tendance à ne pas aimer ce genre de lecture où les gens racontent leur vie avec des détails souvent inintéressants. Mais ce coup-ci, j'ai fais l'effort ! :)

Alors venons-en au fait : qu'ai-je donc bien pensé de cet ouvrage ?

Dire que j'ai adoré ce livre serait un mensonge. Dire que je l'ai détesté également. Disons plutôt qu'il m'a tout autant intéressé, intrigué et dérangé. Assez étrange, me direz-vous, mais c'est exactement cela que j'ai ressenti. A-moi de vous expliquer pourquoi.

Déjà, soyez rassurés : malgré ces 354 pages, la lecture est très simple et la police d'écriture plutôt grande donc confortable. L'auteur écrit comme si elle s'adresserait à ses lecteurs, avec des mots très simples, comme une sorte de journal intime. Et c'est là que le supplice commence pour moi : des pages et des pages de détails sur sa vie, parfois intéressants mais trop souvent ennuyants et même endormants ! J'ai eu cette impression souvent de lire du vent, comme si n'importe qui vous racontait les détails de sa vie sans jamais s'arrêter.

Par exemple, l'auteur nous parle de la perte de son chien à cause des vaccins. Bien sur, cela est une chose horrible, et perdre son animal de cœur est vraiment quelque chose de traumatisant. Mais nous décrire cet épisode m'a ennuyé, car pas de rapport avec le thème du livre. Parlons voyage, pas chien !

Quand elle nous parle du Kenya, cela devient tout de suite plus intéressant. On y apprend qu'il s'agit d'un des pays les plus chers du continent africain, et qu'y vivre a très vite épuisé leurs économies. Au-delà de la carte postale pour touristes, on y lit plutôt un pays très contrasté, entre beauté, corruption et pauvreté. Elle y croise des enfants qui errent dans les rues, que l'on appelle les "street boys", qui réclament de l'argent non pas pour se nourrir mais pour "sniffer de l'essence". Ça c'est intéressant ! Mais d'autres phrases m'ont tout simplement dérangé et je suis obligé d'en parler.

"Le Kenya est d'ailleurs considéré à juste titre comme la Suisse de l'Afrique". Mais comment peut-on écrire une chose comme ça ? On ne peut comparer un pays d'Afrique et un pays européen pour nous faire comprendre que les prix sont chers au Kenya. Tout comme je trouve que l'auteur n'a pas le droit de se plaindre des pages durant en faisant un éternel parallèle entre "les villes désordonnées" africaines et les "bourgeois parisiens" avec leurs grands centres commerciaux. Je le redis : on ne peut pas, et on ne doit pas, comparer l'Afrique à l'Europe, le Tiers-monde aux grandes puissances économiques mondiales. C'est dangereux et nuisible à mon goût ! Mais malgré tout je comprends la métaphore, mais pour ma part je la trouve mal faite car le Kenya est l'un des pays les plus pauvres au monde et la Suisse est l'un des pays les plus riches.

La deuxième partie, en France, est selon moi complètement inutile et sans réel intérêt. Aucun exotisme, aucune passion entre les lignes, donc d'un certain ennui. J'ai failli à ce moment arrêter ma lecture définitivement, mais heureusement, la dernière partie m'a fait du bien. On y apprend que le Costa Rica, au-delà d'être un pays magnifique, et très religieux et très axé sur la notion de Famille. Pour eux, il y a trois piliers : "L'unité familiale, la vie en communauté et la croyante de Dieu". Mais encore une fois, ce pays c'est aussi la drogue, l'alcool, les viols de jeunes filles et d'enfants, l'abandon de bébé dans des poubelles,... J'aime voir tout ce contraste et la réalité, bien loin de la traditionnelle carte postale pour touriste naïf, et je trouve que l'auteur a bien réussi cela.

Mais, encore une fois, voilà que certaines phrases me dérangent. Par exemple, les choses qui manquent le plus à l'auteur à Costa Rica sont : une bibliothèque française, avoir un vrai accès à Internet en illimité et... une baguette. Mais n'est-ce pas le but lorsque l'on part au bout du monde que de découvrir une autre culture ? Sinon, on ne part pas. Encore une fois, cela ressemble plus à un "problème d'occidental un peu bourgeois".

Enfin, un dernier passage m'a dérangé, moi, métisse, bien que la morale de l'auteur soit bienveillante. En le lisant, je me suis sentie mal à l'aise, et choquée avec toutes ces comparaisons Noirs/Blancs.

"Que de fierté j'éprouve pour ma peau noire, lorsque je vois les Ticos de type européen se couvrir entièrement le corps, malgré la chaleur étouffante ou s'enduire toute la journée de crème solaire  sensée protéger la délicate peau peu pigmentée des effets nocifs du soleil[..].Je trouve qu'il a fallu beaucoup d'humour à Dieu, de concevoir cette peau blanche caméléon, qui change de couleur en fonction des sentiments, trahissant ainsi bien les émotions. De même que je regarde avec envie et admiration les longs cheveux lisses, brillants, beaux, si facile d'entretien des Européens. Tout l'opposé des cheveux crépus [...]. Le Créateur a de quoi être fier de ses créatures, Il les a volontairement faites différentes, mais toutes sont belles!" ( page 324)

Dieu aurait donc user d'humour quand il a crée la peau blanche. Bon...  Je suis métisse donc j'ai une peau peut pigmentée, type caméléon et lorsque je change d'humeur ma peau change de couleur ... De même que pour l'aspect des cheveux crépus, qui sont une fierté pour bon nombres de femmes africaines. EUUUHHHH, on est en 2016 c'est propos devrait être bannis, je suis choquée...
Peut-on employer ces termes dans le contexte actuel dans lequel nous vivons? Car pour ma part certain propos sont limite discriminatoire...

En conclusion: Ce livre est vraiment bien écrit, je ne peux que le reconnaître. La lecture est confortable et aisée, et nous transporte efficacement dans le voyage que nous offre Rebecca. Est-ce que ce livre nous donne envie de voyager ? Je pense que oui, très clairement. Mais il y a aussi, selon moi, des lourdeurs tout le long du livre qui le rend par endroit ennuyeux, voir même plus. Disons que le vrai point fort de ce livre reste l'aspect critique des pays visités, qui nous rapproche de la réalité. L'auteur ne magnifie pas les pays, et nous expose son ressenti, toujours contrasté. Et c'est cela qui est intéressant !

Pour tout cette découverte, je dis encore merci à Rebecca ! :)


"À travers ces expatriations, j’ai choisi de prendre le meilleur de chaque culture tout en conservant le positif de ma culture d’origine. Voyager signifie alors changer de paysages, de visages, de climat. Occasion de rafraîchir l’esprit autant que le moral. Partir pour le plaisir et non pour revenir avec des trophées à cent sous ou des comparaisons chauvines. Trouver de la satisfaction d’être là, emporté par de nouveaux us et coutumes, de nouvelles sphères qui laisseront une trace indélébile dans ma mémoire."

samedi 10 octobre 2015

Ce que je sais enfin ! - Carrie Hope Fletcher

 Auteur: Carrie Hope Fletcher

Pages: 390

Edition: Albin Michel Jeunesse

Date de sortie: 1 octobre 2015

Prix: 15€

Style: Mémoire, développement personnel


Synopsis: J’ai foncé tête baissée dans les galères que rencontrent toutes les adolescentes : le harcèlement, les garçons, la pression des aînés, les amis, les ennemis, les amiennemis… Et quand je vous regarde, vous qui êtes en train de vivre toutes ces choses, j’ai l’impression d’être coincée du mauvais côté de l’écran d’ordinateur… mais ça, c’était avant !

Mon avis: Je remercie les éditions Albin Michel pour m'avoir envoyé ce livre dans le cadre de la collab. Je tiens à préciser que mon avis reste objectif, comme toujours. Il s'agit certes d'un envoi d'une édition, mais j'ai pour principe de reste objective et impartiale, par respect pour moi-même et pour l'éditeur. Maintenant que tout cela est précisé, passons à la critique :) 

Vous pouvez aussi vous rendre sur le Site du livre crée par la maison édition, vous y retrouverez les premières pages du livre, mais aussi les différentes rubriques qui vous permettront de mieux connaître l'auteur( les liens pour la suivre sur les différents réseaux sociaux) et de découvrir certaines citations du livre.

Cette auteur londonienne de seulement 22 ans a derrière elle une carrière de chanteuse, de théâtre et de Youtubeuse accomplie. Et comme si cela ne suffisait pas, elle a décidé d'écrire un livre, surfant sur une mode, comme l'a fait Michelle Phan (sur la beauté),Tyler Oakey, Louise Pentland (sur la beauté) ou encore Zoella (une histoire sur une blogueuse). Bon, par contre, ne cherchez pas une histoire originale et haletante, les thèmes sont hélas toujours les mêmes : la vie, les problèmes de l'adolescence, comment gérer l'âge adulte etc... Et ce livre n'échappe pas à la règle.

La différence entre elle et certaines Youtubeuses (vous avez remarqué que je prends le soin de ne pas les citer), c'est que Carrie avait déjà créé un blog qui parlait des thèmes abordées dans son livre. Du coup, après l'énorme succès de son blog, elle s'est fort logiquement dit : "bah pourquoi ne pas regrouper tous les thèmes abordés dans un livre, qui pourrait ainsi répondre aux nombreuses questions qu'on me pose au quotidien ?". Bon, j'imagine aussi qu'elle s'est dit : "Et pourquoi ne pas profiter de mon succès pour faire un peu de business?". Après tout, elle aurait eu tort de s'en priver...

Il faut savoir que dans son livre, Carrie ne fais pas de moral, et qu'elle met beaucoup d'humour. Elle le dit clairement et l'assume pleinement : son livre s'adresse aux adolescents !! Avec tout ce que cela implique dans la qualité des conseils et la légèreté de la lecture.

Pour ma part, je suis Carrie sur Youtube depuis pas mal de temps. Du coup, j'ai retrouvé dans son livre son style si personnel. Elle a beau ne pas être derrière sa caméra ce coup-ci, on a l'impression qu'elle nous parle de la même manière, ce qui est plutôt sympa.

Le contenu: son livre est divisé en plusieurs "actes", très courts et très épurés. L'auteur va droit au but, sans superflu. Voici quelques thèmes abordés : "Comment se faire des amis?", "Comment se faire briser le cœur?", "Internet", "La vie". Bon, je sais, c'est super léger et surfait, mais bon, c'est dans l'air du temps de sortir ce genre de bouquin, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

Je pense que ce livre peut être pratique et servir de guide lorsqu'on est adolescent, toujours à se demander où est notre place et comment se comporter dans certaines situations. Car la vie est souvent injuste à cet âge dit "ingrat", et j'imagine que Carrie doit être un modèle pour certains jeunes. Bon, bien sur, on est pas dans la grande écriture, et ce livre ne restera pas dans la postérité comme un grand classique, mais j'imagine que ce n'est pas son but. C'est tout simplement un livre dans l'ère du temps, qui surfe sur la mode, sans prétention, et en toute légèreté. A noter aussi la présence de dessins, qui donnent de la gaieté et de la fraîcheur. 

Conclusion: Je pensais sincèrement m'ennuyer toute la lecture, mais finalement, j'ai passé un bon moment, puisque je savais à quoi m'attendre. L'auteur traite de nombreux sujets, qu'elle illustre avec certaines anecdotes personnelles. Ce livre est très bien pour les ados, à la fois léger et amusant. Et puis une fois la lecture terminée, ils peuvent se rendre sur le blog où la chaîne Youtube de Carrie pour lui laisser un commentaire ou lui poser des questions. Encore une fois, n'attendez rien de grand ou de passionnant, ne vous prenez pas la tête et tournez les premières pages. Et dîtes-moi ce que, VOUS, en avez pensé :)

dimanche 8 février 2015

❤Olympe de Gouges❤- José Louis Bocquet & Catel

Auteur: José-Louis Bocquet& Catel

Pages: 488

Edition: Casterman

Date de sortie: 10 mars 2002

Prix: 24€

Synopsis:De Montauban en 1748 à l’échafaud parisien en 1793, quarante-cinq ans d’une vie féminine hors normes, et l’invention d’une idée neuve en Europe : la lutte pour les droits des femmes. 
Née dans une famille bourgeoise de province, sans doute fille adultérine d’un dramaturge à particule, Marie Gouze dit Olympe de Gouges a traversé la seconde moitié du XVIIIe siècle comme peu de femmes l’ont fait. Femme de lettres et polémiste engagée, elle se distingue par son indépendance d’esprit et l’originalité parfois radicale de ses vues, s’engageant pour l’abolition de l’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. Opposée aux Robespierristes et aux ultras de la Révolution, elle est guillotinée pendant la Terreur.
Comme ils l’avaient fait avec Kiki de Montparnasse, Catel et Bocquet retracent de façon romancée, mais avec une rigueur historique constante, le parcours de vie de cette femme d’exception, dont les idéaux très en avance sur son temps ont forgé quelques-unes des valeurs clés de nos sociétés d' aujourd’hui. En quelque trois cent planches de création exigeante et généreuse, un magnifique portrait féminin et un hommage vibrant à l’une des figures essentielles du féminisme.

Mon avis❤ :

LECTURE INSTRUCTIVE QUI PERMET DE CE CULTIVER HISTORIQUEMENT