Coucou toi, tu es tombé(e) sur mon blog, je vais donc partagez avec toi mon avis sur mes lectures. Tu découvriras mes coups de cœur et mes vidéos YouTube. J'espère que tu passeras un bon moment et que tu me donneras ton avis. Bonne lecture à toi ♡ Ophélie

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samedi 13 juillet 2019

La Littérature Latine



CHRONIQUES DISPONIBLES :


BIENTÔT DISPONIBLES

  • CICÉRON - Savoir vieillir.
  • PLUTARQUE - La sérénité intérieure.
  • SALLUSTE - La conjuration de Catilina.

lundi 8 juillet 2019

Martial : Ou l'épigramme obscène - Serge Koster



Après un Catulle renouvelé, voilà un Martial réveillé, revigoré, ragaillardi par une traduction dépourvue de tout frein inhibiteur. Ce poète latin du 1er siècle après J.-C. s'est adonné exclusivement au genre de l'épigramme, dont il a développé la véhémence satirique. Il excelle surtout dans la charge et la pointe obscènes, n'épargnant aucun des deux sexes. En toute licence, avec drôlerie et férocité, Martial nous offre la chronique scandaleuse des mœurs romaines par-delà les changements des codes amoureux, on perçoit, dans leur crudité, la permanence des pulsions et des affects que le langage véhicule à travers les siècles et les cultures, et que la traduction moderne se propose de restituer pour le plaisir sans tabou du lecteur.


Toujours à la recherche de nouveaux ouvrages pour compléter ma collection littéraire latine, voilà que je pose mon attention sur le sulfureux Martial, connu pour ses Épigrammes (réunies dans 12 livres pour près de 1200 pièces !!). Souhaitant éviter tout d'abord les éditions Les Belles lettres (CUF), qui offrent l'œuvre intégrale en deux tomes à un prix excessif (comptez 55€ pour l'ensemble, mais avec une traduction intégrale de très bonne qualité !!), voilà que je tombe sur cet ouvrage des éditions de La Musardine (que l'on connaît très bien sur ce blog), qui attire immédiatement mon attention devant une couverture soignée et des commentaires fort élogieux. L'ensemble fait 155 pages, je me doute donc qu'il ne s'agit pas de l'œuvre intégrale mais plutôt de morceaux choisis, bien que cela ne soit pas vraiment indiqué au premier regard (toujours ce même reproche !). Le prix est abordable (11,20€), le contenu semble de qualité, et voilà que l'achat est passé puis reçu le lendemain, pour un début de lecture le surlendemain dans le train (vive Amazon Prime !). Voyons voir maintenant tout cela de plus près...

LE PRODUIT
Le produit en lui-même est propre, soigné, d'un violet presque sexuel (forcément, quand on parle de Martial) et d'un format que l'on peut emporter partout. Les pages sont de qualité et bien épaisses, tandis que la police est grande et aérée. Dommage cependant que quelques pages soient bien vides, avec quelques fois juste deux ou trois lignes... des pages aérées c'est cool, mais TROP aérées, cela peut créer un sentiment de facilité pour augmenter le nombre de pages sans prise de tête. Je n'irai pas jusqu'à parler de "respect" mais presque : quand je vois des pages bien optimisées, je me sens respecté. Un peu comme au restaurant, devant un plat qui nous fait saliver d'avance : de petites quantités mal réparties dans une assiette fort jolie, et on ne peut s'empêcher d'être déçu. Là, je n'irai pas jusque-là, mais nous ne sommes pas loin. Donc un bon produit, mais qui n'a pas les 5 étoiles juste à cause de l'optimisation des pages, trop inégales à mon goût. Pourquoi ne pas avoir mis tout simplement un peu plus d'épigrammes très courts ?

L'AUTEUR
J'ai coutume d'écrire quelques lignes sur l'auteur, et pour ce coup-là, quel plaisir ! Parce que Martial est différent, spécial, intriguant, fascinant. Né vers 40, c'est un poète contemporain des Sénèque, Lucain, Quintilien ou encore Pline le Jeune, qui grandit en pleine période néronienne (autant vous dire, pas la meilleure période pour un artiste...). Mais c'est sous la dynastie flavienne que le poète s'élève, avec le genre de l'épigramme, mais pas n'importe lequel : l'épigramme satirique, provocateur, vulgaire, amusant, obscène (d'où le titre de l'ouvrage !)... bref, les mots de manquent pas de piquants avec lui. Au final, son œuvre compte de plus 1500 poèmes de taille variable, répartis en 15 livres :
  • 1 livre sur le spectacle (33 pièces),
  • 12 livres d'épigrammes (près de 1200 pièces),
  • 2 livres de distiques (Xenia et Apophoreta).

LE CONTENANT
Pas de surprise sur le contenant, puisque je savais déjà par simple déduction du nombre de pages par rapport à l'œuvre de Martial, qu'il ne s'agissait pas de l'intégrale des épigrammes, mais plutôt d'une anthologie. Mais pour défendre cette démarche à priori assumée du côté de l'éditeur, j'aimerai faire un rapprochement avec un artiste comme Johnny Hallyday : pour le découvrir, n'est-ce pas mieux d'écouter une excellente compilation plutôt que de se farcir son millier de chansons en côtoyant le meilleur comme le pire ? Pour avoir écouté tous les morceaux de cette légende (oui, je l'ai fait !), je peux affirmer qu'il y a surtout du pire, mais on ne retient forcément que le meilleur, parce que ce meilleur est exceptionnel. Il en est de même très certainement pour Martial : sur les 1200 épigrammes, combien sont exceptionnelles, inutiles, étranges, dispensables, intéressantes ? Commencer par cet ouvrage est donc une excellente façon de découvrir Martial, surtout avec cette traduction moderne qui ne contourne pas les mots obscènes : au contraire, s'il faut choquer, alors choquons ! Lisez plutôt :

"Affamé, démuni, Gellius a épousé une vieille fort riche : Sa femme lui bourre le ventre, il lui fourre la chatte." - Épigramme IX, 80

Ah ouais, je vous avais prévenu, ça déménage ! Dans mon RER, voilà que je me mets à glousser le plus silencieusement possible devant de telles obscénités si intelligentes, tantôt étonné, tantôt choqué (oui, oui, ça m'est arrivé une ou deux fois, et pourtant, il faut le faire !). C'est frais, c'est original, c'est tout simplement grandiose. Alors oui, certes, tout n'est pas égal en qualité et en longueur, mais cet ouvrage a réussi son pari : celui de me donner l'envie de réunir l'intégralité de son œuvre via la collection Les Belles lettres. Je vais essayer de trouver l'ouvrage similaire sur Catulle, devenu difficile à trouver, mais qui doit lui aussi déménager.

En conclusion, il s'agit d'un très bel ouvrage, qui s'avère une excellente introduction à l'œuvre de Martial, et qui ne peut que donner envie d'aller plus loin dans nos recherches. Quelques petits points noirs m'empêchent cependant de mettre 5 étoiles, mais rien de grave : l'ensemble reste excellent.

Allez, une petite dernière pour la route avant de se quitter :

"Ton petit chien, Manneia, te lèche le visage et les lèvres : Je ne m'étonne plus que les chiens aiment la merde." - Épigramme I, 83

Je ne peux m'empêcher d'écrire encore une épigramme (promis, c'est la dernière), tellement ça envoie du lourd !

"Bien qu'on puisse sauter Galla pour deux pièces d'or et plus que la sauter si on double la mise, pourquoi, Eschyle, en reçoit-elle dix de toi ? Galla ne suce pas à si haut prix. Quoi donc coûte si cher ? Son silence." - Épigramme IX, 4

Non, ce gars est un véritable tueur ! :)


  • Certaines pages ne comptent que quelques lignes, laissant un vide incompréhensible.
  • Il ne s'agit pas de l'intégrale mais d'une anthologie, et cela n'est pas marqué explicitement. Je sais, "Business is Business", mais bon...

  • Excellent contenant, de qualité. On sent qu'il y a du travail !
  • Certaines épigrammes sont vraiment déroutantes dans l'obscénité. Excellent !
  • Prix abordable pour une aussi belle introduction à l'œuvre de Martial.


mercredi 12 juin 2019

Devant la mort - Cicéron




Rédigées en 45 avant J.-C. dans sa villa de Tusculum, les Tusculanes - ou Disputationes - de Cicéron proposent une confrontation de l'être avec le monde où il se trouve. Dans une langue simple, lumineuse et sans excès rhétoriques, Cicéron entend faire l'éducation philosophique de ses contemporains. 

C'est la plus grave de toutes les questions qui est ici abordée : celle de la mort.

Comme le sage peut-il l'envisager sans angoisse ni terreur ? Est-elle un mal absolu ? Peut-on la regarder en face sans désespérer ? Héritier de la pensée grecque, Cicéron la développe dans une langue "plus riche, plus souple, plus harmonieuse".


Cicéron a laissé une oeuvre immense et occupe une grande place dans la littérature latine. Parmi toutes ses œuvres philosophiques, une prend une place (je trouve) vraiment à part : Les Tusculanes. Cette dernière est divisée en 5 livres, dont le premier répond à la question suivante : "La mort est-elle un mal ?". Bon, certes, quand on commence avec ce genre de thématique et de réflexion, on se dit que ça ne va pas être une lecture divertissante et légère... Mais cela tombe très bien, puisque j'ai pu acquérir un petit ouvrage aux éditions Arléa, qui reprend justement le premier livre des Tusculanes, sans que je le saches vraiment au moment de l'achat... Et pourtant, cela était marqué (en tout petit, certes). Voyons voir maintenant l’intérêt de cette édition !

LE PRODUIT
Disons-le tout de suite : le produit est sobre... trèèèès sobre. Peut-être même un peu trop à mon goût. La couverture est même à la limite d'être ratée, avec une image centrale floue (j'ose le dire) et une forme qui laisse dubitatif (j'ai toujours cette impression que ma grand-mère aurait fait mieux sur Photoshop...). Après, ce n'est pas le plus important, j'en suis bien conscient, mais pour un ouvrage d'une centaine de pages qui vaut 6€ à l'achat et qui traite de la Mort, je me dis qu'ils auraient pu trouver aisément des images plus sympas et jolies. De plus, le titre "Devant la mort" est un peu trompeur, puisqu'il n'est écrit nul part qu'il s'agit du livre I des Tusculanes (du moins sur la couverture). Il aurait été plus malin d'écrire quelque chose comme "Les Tusculanes Livre I : Devant la mort" plutôt que de le préciser en police minuscule en quatrième de couverture. Ce n'est qu'après de longues recherches que j'ai réussi enfin à savoir de quel ouvrage il s'agissait, puisque je n'avais aucun titre portant ce nom dans la liste complète des œuvres de Cicéron parvenues jusqu'à nous. Pourtant, tout semble si claire et bien explique sur le site d'Arléa : https://www.arlea.fr/Devant-la-mort
Et puis, question : Est-ce le livre I dans son intégralité ? Ou juste de larges extraits ?  Qu'est ce que cela coûte à l'éditeur d'écrire sur la couverture "Livre I des Tusculanes - Texte intégral" ? Moi, en tant que collectionneur, j'ai besoin de savoir ce que j'achète au premier coup d’œil ! Quelle déception d'acheter un ouvrage dont on croit obtenir le texte intégral et qui n'est en fait qu'un recueil d'extraits choisis... Heureusement, et en fin de compte, pas de déception pour cette fois-ci :)

Concernant l'intérieur, disons que la sobriété extrême n'est pas gênante, avec une police agréable pour la lecture. Bon, au final, ni une bonne note, ni une mauvaise : pas mal, mais sans plus.

L'AUTEUR
J'ai pour coutume de parler quelques instants de l'auteur en lui-même, avant de traiter du contenu. Bon, Cicéron, cela doit parler à tout le monde normalement, du moins à toute personne un MINIMUM cultivée. Né en -106, il est un homme d'état de haute importance en pleine République romaine, qui déjouera la conjuration de Catilina -63 (voir Salluste) par ses discours devenus très célèbres : les Catilinaires (il sera alors au sommet de sa gloire, considéré comme le sauveur de la République). En pleine guerre civile, il est surpris par l'assassinat de Jules César en -44 puis rallie le camp d'Octave, qui le "trahira" après la mise en place du second Triumvirat, en le laissant se faire assassiner sur ordre de Marc-Antoine en -43. Un triste fin pour un orateur si talentueux et si important... mais bon, à cette époque, j'ai l'impression que personne ne mourrait tranquillement :)

LE CONTENU
Si vous ne l'avez toujours pas compris, sachez que vous tenez entre vos mains ni plus ni moins que le livre I (en intégral, normalement) des Tusculanes (qui en compte donc 5 pour ceux qui suivent), bien que cela ne soit pas très explicite au premier regard. Mais bon, bref, passons... Le thème de la Mort et son appréhension est vraiment passionnant, et que dire du style d'écriture de Cicéron... un vrai génie d'écriture et de persuasion ! Bien sûr, certains passages sont plutôt ardus et ont nécessité chez moi une seconde lecture, mais j'ai pu au final extraire de ce livre des phrases vraiment magnifiques, à l'image de ce Cicéron : grandioses.

Vous doutez de mes propos ? Lisez donc ceci :

"On envisage la mort avec sérénité si, au moment de mourir, on peut être fier de sa vie. Une vie qui s'est entièrement vouée à la pratique de la vertu n'est jamais trop courte."

"C'est parce qu'alors nous n'avons plus de projets qu'elle [la vie] nous paraît longue."

"Chassons également les inepties dignes des vieilles femmes selon lesquelles il serait triste de mourir avant l'heure. Quelle heure ? Celle dont a décidé la Nature ? Mais elle n'a fais que nous prêter la vie, comme une somme d'argent, sans fixer d'échéance ! De quel droit vas-tu te plaindre, si elle la réclame quand elle le décide, puisque c'est à cette condition que tu l'avais reçue ?"

Il est impressionnant de lire un texte aussi moderne sur un sujet aussi grave que la Mort, qui hante et effraie les Hommes depuis si longtemps. Plus de 2000 ans nous sépare de Cicéron, et pourtant, son texte résonne parfaitement dans notre peur de la Mort au sein de notre société actuelle. C'est fou !!

Rajoutez au texte une préface de M. Pierre Grimal (s'il vous plaît), ainsi qu'un "repère philosophique" en fin d'ouvrage, et vous avez au final un contenu vraiment solide et intéressant, pour un prix très abordable.
Donc, et pour conclure : une bien bonne lecture, qui nous fait réfléchir et relativiser sur la Mort, un sujet si sensible qui a tendance à très vite alourdir notre cœur... Par contre, couverture vraiment moyenne et manque d'informations essentielles au lecteur, visibles dès le premier coup d’œil, qui DOIT savoir ce qu'il achète sans avoir à fouiner et perdre de précieuses minutes en recherches. Exemple tout bête (le mec n'a décidément pas digéré haha) : sur l'ouvrage "Sénèque - Apprendre à vivre", il y a bien écrit juste en dessous "Choix de lettres à Lucilius". Je sais donc qu'il s'agit de l'oeuvre "Lettres de Lucilius" (ce que le titre ne dit pas) et qu'il s'agit non pas de l'intégral des correspondances mais d'un choix de lettres. Simple et honnête pour l'éditeur, informatif pour l'éventuel futur acheteur...


  • Couverture vraiment moyenne... pour rester poli.
  • Manque d'informations !! J'ai su tardivement qu'il s'agissait du Livre I des Tusculanes, mais je ne sais toujours pas vraiment s'il s'agit du texte intégral du livre I... ce n'est pas normal.

  • Très bonne préface de Pierre Grimal, un graaaaand spécialiste du sujet.
  • Texte vraiment intéressant, sur un sujet qui nous touche tous... :(
  • Mine de rien, l'édition propose l'intégrale des Tusculanes, avec ce livre (Livre I), Devant la souffrance (Livre II et III) & Le Bonheur (Livre IV et V). Et ça, c'est vraiment cool !

lundi 10 juin 2019

La Guerre de Jugurtha - Salluste



Avant Spartacus et Vercingétorix, Jugurtha osa défier la grande Rome. Ambitieux, cruel et sans scrupules, fils d'esclave et neveu de Micipsa, roi de Numidie, le jeune Jugurtha est prêt à tout pour régner. Adopté par le souverain qui craint son ambition et espère ainsi l'amadouer et calmer ses ardeurs guerrières, Jugurtha hérite de sa part du butin aux côtés de ses frères d'adoption lors du décès de son oncle.

Jugurtha n'hésite pas à corrompre les dirigeants romains et parvient à mener à bien son plan : éliminer ses deux adversaires et tout rival qui croiserait sa route afin de s'emparer de trône. Mais c'est sans compter sur le peuple de Rome, qui se révolte bientôt contre les massacres en chaîne et les manœuvres de la noblesse romaine corrompue...


C'est attiré par cette couverture aux couleurs brunes et cuivrées que j'ai cédé à l'achat de cet ouvrage, avec une certaine excitation et beaucoup d'attente. En effet, j'aime beaucoup Salluste, et j'avais déjà toutes ses œuvres réunies en un ouvrage aux éditions Flammarion. Alors, pourquoi acheter un texte que tu as déjà dans ta collection ? Pour une raison très simple : l'idée d'avoir enfin l'ouvrage "idéal" sur La Guerre de Jugurtha, c'est à dire un ouvrage magnifique, accessible et excellemment traduit, tout cela à un prix abordable. Voyons voir si j'ai trouvé tout cela...

LE PRODUIT
Soyons concis et efficaces : cet ouvrage présente TOUS les avantages que l'on peut attendre de ce que je considère comme le livre parfait. Premièrement, il est petit et maniable, me permettant ainsi de le transporter partout (sac à dos, sacoche,... oui, je lis énormément pendant mes temps de trajet). Deuxièmement, il est court, avec à peine 160 pages, dont 120 pour le texte en lui-même, ce qui permet de garder la foi et d'espérer une lecture courte mais intense. Enfin, il est graphiquement très réussi avec une couverture des plus élégantes, accompagnées d'une mise en page très propre et d'une police d'écriture parfaite pour la confort des yeux. Non, vraiment, là, rien à redire : le contenant est exceptionnel et propice à une lecture haletante ! Et tout cela pour 10€ !

L'AUTEUR
Je voulais juste prendre quelques lignes pour parler de Salluste (-86/-35), un historien romain, grand ami de Jules César, qui se retire de la vie politique après l'assassinat de ce dernier en -44 pour mieux écrire. Il nous laissera trois grandes œuvres qui parviendront jusqu'à nous :
  • La Conjuration de Catilina,
  • La Guerre de Jugurtha,
  • Histoires (dont il ne reste que des fragments).
C'est la deuxième oeuvre, écrite vers -43/-42 durant une période particulièrement troublée (années qui suivent l'assassinat de César), qui va nous intéresser ici et qui va nous narrer la guerre entre Rome et le roi numide Jugurtha, qui a eu lieu entre -112 et -105.

"J'entreprends d'écrire la guerre que le peuple romain mena contre le roi des Numides, Jugurtha, d'abord parce qu'elle fut grande et terrible, et que son issue fut longtemps incertaine, ensuite parce que c'est pendant cette guerre que s'éleva pour la première fois une opposition à l'insolence de la noblesse."

LE CONTENU
Le cœur de cet ouvrage reste bien entendu son contenu, qui demeure mon oeuvre préférée de Salluste : La Guerre de Jugurtha. On grignote avec délectation la courte mais néanmoins passionnante préface de Nicolas Ghiglion (4 pages certes, mais quelle efficacité !), puis l'on entre enfin dans le vif du sujet... Mais de quoi parle au juste cette Guerre de Jugurtha ? Oh ! Bonne question. À moi de vous répondre en vous donnant envie de le lire sans trop vous en dire.

Comme vous le savez peut-être pas, l'Empire romain sous César, cela donne ça :


L'histoire se passe en Numidie (Algérie et Tunisie actuelles), une région dominée par Rome depuis la fin de la troisième guerre punique, mais qui n'est pas encore une conquête à proprement dit au moment du conflit. Voilà que le roi numide Massinissa, fidèle allié de Rome, meurt en -148, laissant le trône à son dernier fils vivant, Micipsa. Ce dernier a deux fils, Hiempsal et Adherbal, mais également un neveu, qu'il va devoir adopter sous la pression de Rome : c'est Jugurtha. À la mort de Micipsa (-118), les trois frères se partagent le royaume, mais voilà que Jugurtha veut gouverner seul, tuant tout d'abord Hiempsal (-117) puis Adherbal (-112). Par la ruse et la corruption, il parvient à faire en sorte que Rome ne s'en mêle pas, mais lors du siège de Cirta en -112, il tue son dernier frère et massacre de nombreux romains dans la folie de son carnage. Cela est de trop : Rome déclare la guerre au roi impétueux !

Pour le cœur de l'histoire, à vous de vous lancer ! Vous y croiserez de grands noms romains, tels que Mettelus, le célèbre Caius Marius ou encore le général Sylla, des batailles incertaines, de la corruption à tout va, beaucoup d'indécision, et un final vraiment intéressant. Ahhh ! À cette époque, rien ne résiste longtemps à la puissance romaine sur le bassin Méditerranéen !

Alors oui, il y a parfois quelques longueurs de texte (Salluste est un écrivain fort bavard), mais sincèrement, l'histoire est passionnante et pleine de vivacité. L'amateur d'Histoire antique sera aux anges ; le néophyte, lui, découvrira un texte dynamique et fort agréable, qui mérite d'être lu. C'est d'ailleurs incroyable qu'aucun film à grand budget n'ait été fait encore sur ce Jugurtha, à une époque où les idées manquent ! Quel film cela pourrait donner !

Au final, j'ai été vraiment conquis par cet ouvrage, qui allie une traduction vraiment top, pleine de vivacité, et un contenant (j'ose le dire) exceptionnel (tout en restant sobre), le tout pour seulement 10€. Alors oui, il existe d'autres traductions sur le marché, notamment celle des éditions des Belles lettres Collection Budé, qui vous propose les trois œuvres pour 31€, mais là nous sommes dans le pavé de 550 pages peu maniable et trop "collection" à mon goût... Bref, un excellent compromis, que je ne regrette absolument pas, bien au contraire !


  • Ne n'arrive vraiment pas à lui trouver de défauts majeurs... Si chaque oeuvre latine pouvait être disponible pour 10€ avec cette même qualité...
  • Une traduction intégrale passionnante, pleine de vivacité.
  • Un produit vraiment élégant et réussi.
  • Un format poche transportable partout d'à peine 160 pages.
  • Un prix abordable de 10€ pour une oeuvre vraiment unique (la seule qui traite de Jugurtha).