Coucou toi, tu es tombé(e) sur mon blog, je vais donc partager avec toi mon avis sur mes lectures. Tu y découvriras mes coups de cœur ainsi que mes vidéos YouTube & TikTok. J'espère que tu passeras un bon moment et que tu me donneras ton avis. Bonne lecture à toi ♡ Ophélie ♡
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dimanche 27 août 2023

À l'école des lettres - PoPésie et Maïté Robert



Bienvenue à L’École des lettres ! Un établissement pas comme les autres pour tout savoir sur les grands auteurs et autrices du XIXe siècle !

Dans une dimension parallèle, tous les plus grands auteurs de la littérature sont enfants et doivent aller apprendre leur métier à l'école des Lettres. Les élèves sont inscrits dans la classe correspondant au siècle au cours duquel ils ont vécu. Dans la classe XIX, un certain Victor Hugo, nouvel arrivant, va rencontrer ses camarades : Baudelaire, Balzac, Flaubert, Maupassant, Michel, Sand, Zola...

Comment sont les cours ? Les sorties ? Qui redoublera ? Qui aura la chance de passer en XXe ? Est-ce qu'ils apprendront des sorts comme dans Harry Potter ?


Je tiens à préciser que mon avis reste objectif, comme toujours. Il s'agit certes d'un envoi de l'auteur, mais j'ai pour principe de rester objective et impartiale, par respect pour moi-même et pour l'auteur. Un grand merci tout particulier à l'auteur pour cet envoi. Maintenant que tout cela est précisé, passons à la critique :)

Quelle belle initiative de vouloir enseigner l’histoire de ce fameux XIXe siècle français, si fou et si controversé, à travers l’humour et la bande dessinée ! Quelle belle idée de vouloir instruire le peuple en usant des armes de la légèreté et de l’amusement ! La recette de Popésie (auteur) et Maïté Robert (illustrations) est très simple : faire évoluer les plus grandes figures lettrées de notre 19e siècle dans une classe (la classe XIX), avec leurs caractères respectifs, et nous faire rire tout en nous instruisant, notamment à travers des extraits de leurs œuvres. Résultat : cela fonctionne parfaitement !

Prenons quelques instants pour parler de cette couverture, qui annonce à la perfection ce que nous allons lire : on y voit de belles couleurs, des dessins très expressifs et une classe — cette fameuse classe XIX — qui réunit quelques des plus grandes personnalités du monde des lettres du 19e siècle, accompagnées d’une professeure qui tire une tronche à mourir de rire (comme cela est bien souvent le cas dans les photos de classe). Au milieu, bien entendu, on reconnait Victor Hugo, tout souriant, aux côtés de George Sand et Honoré de Balzac. Voilà pourquoi je trouve cette couverture des plus réussies : parce qu’elle donne toutes les clés au futur lecteur, sans dire un seul mot ! Je dis donc chapeau bas !

À l’intérieur, tout est en couleur, alternant de petites histoires dessinées rigolotes pour préparer un sujet défini : par exemple, le premier chapitre « La rentrée », montre l’arrivée de Victor Hugo dans cette classe XIX.

La petite histoire illustrée précède donc une biographie de Victor Hugo ainsi qu’un extrait de son poème « Ce siècle avait deux ans », annoté comme il se doit pour nous guider et nous apprendre plein de choses sympas. Voilà une très bonne idée pour instruire les gens tout en passant un bon moment ! Suivent Honoré de Balzac, Charles Baudelaire (décidément étrange, et dont la fiche scolaire annonce très pertinemment « Spleen inquiétant ; consommation très probable de produits hallucinogènes dans les toilettes du collège ; étrange passion pour les animaux morts ! »), Émile Zola (dont j’ai appris sa passion pour le vélo), George Sand,

Arthur Rimbaud et Paul Verlaine (les mauvais élèves, bien entendu), Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, et j’en passe.

 À ces portraits sont rajoutés certains thèmes comme « Le réalisme et le naturalisme » ou encore « Les autrices du XIXe siècle », qui permettent de mieux comprendre certains points très caractéristiques des lettres de ce siècle décidément très surprenant par sa richesse (notamment les mouvements littéraires et les différents progrès). Certains passages sont franchement rigolos, comme ces requêtes épistolaires au Père Noël au rythme des caractères de chacun, ou encore tous ces « clashs littéraires » qui ont réellement existé et qui nous permettent de constater les profondes inimitiés entre certains (George Sand et Alphonse de Lamartine ayant pris particulièrement cher…). Finalement, on ferme cette BD en ayant bien rigolé tout en ayant appris pas mal de choses, ce qui était, à n’en pas douter, le but initial de Popésie et Maité Robert. On peut donc dire que le contrat est rempli à la perfection, et on ne peut que les encourager à proposer, pourquoi pas, une classe XIX dans une école d’art (peinture, sculpture, architecture), ce qui nous permettrait d’apprendre à connaître des monstres sacrés comme Auguste Rodin, Camille Claudel, Eugène Viollet-le-Duc, Paul Cézanne, Rosa Bonheur, Eugène Delacroix, Claude Monet, et j’en passe !

Pour conclure, je ne peux que louer cette initiative à la fois amusante et didactique, qui permet d’instruire autour de dessins vraiment sympathiques, de couleurs fraîches et de fiches à la fois sérieuses (il suffit de regarder la bibliographie en fin d’ouvrage : il y a eu du travail de recherche) et rigolotes. Même le prix, de 19 €, ne me semble pas excessif pour un tel produit, et Dieu sait que je suis plutôt exigeante sur ce point. Il s’agit donc pour moi d’un sans-faute, ni plus ni moins, qu’il vous faut découvrir dès que possible ! Encore bravo à l’auteur et à la dessinatrice : je ne pensais pas autant apprécier un tel produit ! On peut donc dire qu’il s’agit d’une vraie bonne surprise.



samedi 22 octobre 2022

Le Sorceleur Codex : l'Univers d'Andrzej Sapkowski illustré et décrypté - Alain T. Puysségur

 

Tout l'univers du Sorceleur décrypté au coeur d'un ouvrage richement illustré.
Au fil des romans et des recueils de nouvelles, Geralt de Riv a arpenté de long en large les Royaumes du Nord, des plaines de Sodden aux rives du fleuve Delta en Rédanie, en passant par les montagnes escarpées qui mènent à Kaer Morhen. Au gré de ses voyages et aventures, il a croisé nombre de personnages haut en couleurs (assassins, sorcières, elfes, nains, rois et seigneurs), tout comme des créatures fantastiques, prédatrices, inoffensives ou iconoclastes. La magie, la sorcellerie, les croyances et la diplomatie sont autant de thématiques qui font du Sorceleur une cosmogonie riche et complexe, inventée par Andrzej Sapkovski, et pour lequel CodexLe Sorceleur constitue une introduction essentielle.

Un guide exceptionnel qui permettra aux lecteurs des romans, comme aux joueurs ou aux spectateurs de la série Netflix, de se familiariser avec l'univers du Sorceleur.

Totalement inédit, l'ouvrage se présente sous la forme d'entrées par le biais des personnages, De Angoulème à Zoltan Chivay, en passant évidemment par Ciri, Geralt, Jaskier et Yennefer, toutes les forces en présence voient leur trajectoire retracée et sont illustrées d'après la description puisée dans les romans. Chaque entrée est d'ailleurs mise en perspective par un court extrait des écrits d'Andrzej Sapkowski. Bien évidemment, vu la vocation de Geralt de Riv, un chapitre entier est dédié à la dépiction de plus d'une vingtaine de créatures parmi les plus emblématiques, dont certaines sont bien connues de la mythologie du Sorceleur : basilic, kikimorrhe, kochtchei, strige, wyvern, zeugle, et bien d'autres encore. Des sections sur la Conjonction des Sphères et la diplomatie générale, l'un des enjeux des romans d'Andrzej Sapkowksi, permettent à tout lecteur d'avoir les armes pour décoder le monde du Sorceleur.


Tout d'abord, je tenais à remercier les éditions Bragelonne pour m'avoir permis de découvrir ce magnifique ouvrage.

Il faut dire que l'objet-livre est vraiment remarquable sur le plan graphique ; celui-ci est en hardback, avec un effet métallisé sur le titre qui le rend très attrayant. Raisonnablement court bien que consistant dans le contenu, l'ouvrage fait 150 pages, qui sont assez épaisses et vraiment de bonne qualité, avec un effet glacé !

En recevant mon service presse, j'ai eu l'agréable surprise de trouver à l'intérieur de l'ouvrage une carte cartonnée peinte du plus bel effet. Un très bon point ! Notons également la présence de pages  texturées qui donnent à l'ensemble une vraie plus value graphique, comme celle de "la conjonction des sphères".

Comment vous décrire cet ouvrage de manière concise et efficace? Une belle mise en page, une vraie ambiance, des illustrations vraiment attrayantes (mention spéciale pour les illustrations de Calanthe, Filippa Eilhart,  Yennefer et du Génie),  ou encore des descriptions captivantes. Vous découvrirez un ouvrage divisé en trois parties avec, premièrement, les cartes des différents territoires, puis la galerie des personnages et, enfin, une panoplie de créatures maléfiques.

De manière générale, j'ai un réel penchant pour les codex ainsi que les dictionnaires illustrés, qui sont un excellent moyen de s'imprégner des univers proposés.

Voici quelques représentations qui vous montrerons la qualité des illustrations et de la mise en page :





J'aurais juste une petite critiques à émettre :

Les échelles de proportion des créatures par rapport au personnage étalon me semblent globalement incohérentes ; on a l'impression que toutes les créatures sont relativement de sa taille, ce qui n'a pas vraiment de sens pour des monstres tels que la basilique, le dragon ou encore la manticore.


Pour conclure : vous l'aurez compris, cet ouvrage est vraiment de bien belle facture ; on a vraiment l'impression d'acheter un livre-objet et je suis sûre que les fans du Sorceleur se régaleront avec cette lecture passionnante et ses illustrations vraiment remarquables. Quant au prix, il me semble plutôt raisonnable pour un tel travail.

Voilà un bien bel objet qui viendra embellir votre bibliothèque !



mardi 27 septembre 2022

❤FOOLS CROW❤ : SAGESSE ET POUVOIR - THOMAS E. MAILS (2022)

  



Frank Fools Crow – 1890-1989 –, comme son illustre et célèbre oncle Nicholas Black Elk, aura été toute sa vie le chef cérémoniel et Saint-Homme des Sioux lakotas. Par la mémoire qu'anime en permanence la tradition orale, ses paroles perdurent et insufflent l'énergie, la sérénité que procure la Connaissance liée au Sacré. Si le premier livre, L'Homme-médecine des Sioux, est plus axé sur la vie dans la réserve et sa position de leader spirituel au sein des Oglalas de Pine Ridge, les présentes pages sont consacrées à la spiritualité en action, comment le Pouvoir peut circuler en nous comme l'air dans un os ouvert et creux, comment l'esprit peut-il voyager à de prodigieuses vitesses, comment évoquer, voire parler à l'Être Suprême Wakan Tanka ou à Ses Auxiliaires. Des décennies durant, Fools Crow a conduit les cérémonies les plus importantes comme celle de la loge de sudation, de la danse du Soleil, du Yuwipi, de la Pipe Sacrée, des quêtes de la Vision. Fools Crow répond très clairement aux questions que se pose un vaste public consciemment ou non, sur les Indiens, leur us et coutumes, comment perdurent leurs traditions. L'action de Fools Crow a dépassé le strict cadre des réserves indiennes. Ainsi, avant qu'il ne quitte ce monde, il avait reçu la visite de Robert de Niro venu l'honorer ; une autre fois ce fut le chanteur country John Denver venu parler et chanter ; et, au moment de sa mort, le président républicain George Bush père a envoyé un message aux proches du vieux Saint-Homme. La nature de Fools Crow, son action dans la tribu, ont fait qu'il avait réussi à rapprocher séparément autour de lui des individualités, le mot est faible, très antagonistes. C'est aussi une forme du Pouvoir dont, dans ces pages, il est question.

Il est un sujet dont je suis particulièrement sensible, et dont chaque lecture aiguise un peu plus ma sagesse et ma réflexion spirituelle : l'histoire et les croyances des tribus amérindiennes. Je croyais pourtant disposer d'une culture assez solide sur cette magnifique civilisation, de la bataille de Little Big Horn (1876) au massacre de Wounded Knee (1890), de la ruée vers l'Ouest au (disons-le sans trembler) génocide perpétué par les blancs américains, de la résistance héroïque de Sitting Bull à celle de Geronimo ; mais voici qu'apparaît devant moi un nom inconnu, si proche de mon époque et pourtant si illustre : Fools Crow (1890-1989). 

    C'est grâce à cette lecture passionnante et à mon partenariat Netgalley avec les Éditions du Rocher (que j'ai également découvert pour l'occasion et qui disposent, de par sa collection Nuage Rouge, d'un grand nombre d'ouvrages extraordinaires sur les amérindiens, qu'il me tarde de lire) que j'ai pu découvrir cet homme incroyable doté d'une sagesse infinie, Franck Fools Crow, fils d'Eagle Bear et de Spoon Hunter, mais surtout homme-médecine et chef des Sioux Oglalas, considéré comme le chef spirituel des Sioux Tétons Lakotas. Voilà que j'apprends que cet homme (dont le vrai nom était Wanbli Mato) n'était autre que le neveu de Black Elk (1863-1950), dit Wapiti noir (de son vrai nom Hehaka Sapa), rendu particulièrement célèbre grâce à ses Mémoires et le récit de sa "Grande Vision", lui-même petit cousin du célèbre chef Crazy Horse (1840-1877), pour qui je voues une profonde admiration ! Voilà donc une bien belle lignée d'êtres respectables ! Ce livre, qui est un ensemble de propos, de pratiques et de rituels rapportés par Thomas E. Mails (1920-2001) lors de longs entretiens achevés en 1977 avec Fools Crow, est publié la première fois en 1991 sous le titre Fools Crow, Wisdom and Power, et apparaît comme une suite à L'Homme Médecine des Sioux (dont le titre original est Fools Crow, datant de 1979), qu'il vaut mieux avoir lu avant d'aborder cet ouvrage, bien que cela ne soit pas indispensable pour autant (comme cela fut pour mon cas). La première traduction française a été faite en 1994 par les Éditions du Rocher, qui viennent donc de rééditer l'ouvrage cette année (le 14 septembre 2022), pour notre plus grand bonheur ! 

    "Ces pages contiennent sans doute le document le plus rare qui ait jamais été publié sur un Saint-Homme des Indiens d'Amérique." Le ton est donné dès les premières lignes, et moi qui pensait que l'auteur en rajoutait volontairement pour attirer son lecteur, je me rends compte, en terminant la dernière page de l'ouvrage, que ses propos sont d'une grande véracité. 

En effet, il est quelque chose d'extraordinaire qui ressort immédiatement de cette lecture : on sent qu'une page de l'Histoire se tourne lentement, qu'une part immense de la culture Sioux (Hommes-Médecine, Danse du Soleil,...) s'évapore inexorablement, et que la perte de ce "Saint-Homme", qui aura vécu 99 ans, ne sera plus jamais comblée dans notre monde actuel. Toute cette spiritualité, toute cette sagesse, ces rituels ancestraux, ces pratiques en apparence étranges mais tout bonnement incroyables, cette identité Sioux : tout semble amené à disparaître dans un futur proche, et ce livre tend à devenir bien plus qu'un simple témoignage d'une époque et d'une façon de concevoir le monde. Fools Crow lui même parle constamment avec un certain fatalisme quand il parle de l'avenir des siens : "Malheureusement, notre peuple commence à l'oublier et il paie cet oubli d'un prix tragique." ; "La plupart des gens de mon peuple commencent à s'écarter de Wakan Tanka et, chaque jour qui passe, les exemples de ces longues vies sont plus difficiles à trouver." ; "Si seulement nos adolescents pouvaient écouter comme eux. Mais maintenant, ça ne les intéresse plus. L'avenir leur semble trop morne, ils pensent que ça ne vaut pas la peine de faire des efforts pour tenter de changer." J'aime cette phrase dans l'ouvrage qui résume finalement tout : "Les Voies anciennes se perdent dans l'oubli." Quelle tristesse ! Quelle perte pour notre monde ! Qu'en sera-t-il de ce dieu, Wakan Tanka, "Le Très-Haut et Très-Saint", et des ses "Auxiliaires" ? Qu'en sera-t-il de Tunkashila ou de Grand-Mère Terre ? Qu'en sera-t-il de cette mythique danse du Soleil, de cette capacité à devenir "un petit os creux neuf" pour recevoir le pouvoir de Wakan Tanka, de cette fascinante "vue visionnaire" dont le chapitre 3 m'a littéralement passionné, de cette troublante "transmission de pensée", ou encore de cette faculté de guérison physique et spirituelle qui m'a laissé littéralement bouche bée ? Que restera-t-il de tout cela ? La solution est sûrement dans ces deux phrases de Fools Crow, pleines d'espoir : "S'il y a un dernier souhait que j'aimerais voir se réaliser, c'est que les miens, un jour, se tiennent comme un seul homme, et soient pris en compte ; qu'ils retrouvent leur fierté et disent "c'est fini" à l'alcool et à la dépendance envers le gouvernement des États-Unis; que nos voies traditionnelles, les voies qui font notre grandeur, redeviennent les voies de tout notre peuple." ; "Dites aux gens, dans votre livre, de se souvenir que Wakan Tanka est tout proche et d'y réfléchir. S'ils vivent dans cette sagesse, elle leur donnera une force et un espoir infinis." Ne pas oublier, retrouver sa dignité et sa grandeur, perpétuer les traditions, être fier de ses racines, respecter les dieux ancestraux ou encore vivre dans la spiritualité : voilà ses souhaits !

    Pour conclure cette chronique, je tiens à dire que j'ai été totalement bluffée par cette lecture pour laquelle j'ai eu, avouons-le, une certaine appréhension sur le contenu, qui a très vite disparue dès les premiers chapitres. J'ai découvert un homme exceptionnel à la sagesse immense et aux pouvoirs incroyables, ainsi qu'une conception du monde et de la vie qui se rapprochent beaucoup de ce que j'ai pu lire chez d'autres grands hommes comme, par exemple, Gandhi. J'aurai d'ailleurs tellement aimé que ces deux grands hommes se croisent et se parlent... Les 15 chapitres se lisent très facilement, et l'excellente bibliographie en début et fin d'ouvrage m'ont permis d'approfondir mes recherches sur cet homme et son peuple, ce qui est encore un bon point. Décidément, cette collection "Nuage rouge" des Éditions du Rocher est pleine de surprises, et je pense lire très vite le premier ouvrage de Thomas E. Mails sur cet homme illustre : "Fools Crow : l'homme-médecine des Sioux". Je vous laisse avec quelques phrases tirées de l'ouvrage chroniqué, pleines de sagesse :

"Même les échecs apportent quelque chose de positif. Ils nous obligent à rester humbles, ils nous aident à découvrir nos erreurs et à les réparer. Les échecs nous montrent aussi qu'il faut pratiquer davantage, jusqu'à ce qu'on se soit amélioré."

"À tout moment, si nous le voulons, nous pouvons être solidaires les uns des autres et cesser de nous chamailler. Partout les Indiens ruinent tous les efforts, en ne sachant pas s'unir. Ils veulent tous devenir chef, être celui qui dirige tout. Alors, on se retrouve finalement sans rien."

"Vous m'avez envoyé un Blanc atteint d'un cancer. Quand j'ai recouvert mes yeux avec le bandeau, j'ai vu que son corps en était rempli. C'était terrible. J'ai dû lui annoncer qu'il allait mourir et lui ai demandé s'il voulait une guérison spirituelle. Il m'a demandé ce qu'était la guérison spirituelle ; je lui ai dit que c'était atteindre la paix, ce qui signifiait être libéré de la peur. Vous voyez, il avait besoin de savoir que la mort n'était pas une ennemie, et que mourir n'était qu'une brève étape nous faisant entrer dans la vie pour laquelle nous sommes tous nés, dans le lieu où nous sommes pour toujours en sécurité avec Wakan Tanka. C'était un homme jeune, trop jeune pour mourir, pensait-il. Il était en colère, et blâmait Wakan Tanka de ce qui lui arrivait. Il estimait que c'était injuste. La guérison spirituelle s'occupe de tout cela. Elle débarrasse de la colère et de la blessure intérieure, et elle calme aussi la douleur, à la fois physique et mentale. Quand nous achevons le traitement de guérison spirituelle, la personne est calme, prête, et même impatiente de mourir."

lundi 10 juin 2019

La Guerre de Jugurtha - Salluste



Avant Spartacus et Vercingétorix, Jugurtha osa défier la grande Rome. Ambitieux, cruel et sans scrupules, fils d'esclave et neveu de Micipsa, roi de Numidie, le jeune Jugurtha est prêt à tout pour régner. Adopté par le souverain qui craint son ambition et espère ainsi l'amadouer et calmer ses ardeurs guerrières, Jugurtha hérite de sa part du butin aux côtés de ses frères d'adoption lors du décès de son oncle.

Jugurtha n'hésite pas à corrompre les dirigeants romains et parvient à mener à bien son plan : éliminer ses deux adversaires et tout rival qui croiserait sa route afin de s'emparer de trône. Mais c'est sans compter sur le peuple de Rome, qui se révolte bientôt contre les massacres en chaîne et les manœuvres de la noblesse romaine corrompue...


C'est attiré par cette couverture aux couleurs brunes et cuivrées que j'ai cédé à l'achat de cet ouvrage, avec une certaine excitation et beaucoup d'attente. En effet, j'aime beaucoup Salluste, et j'avais déjà toutes ses œuvres réunies en un ouvrage aux éditions Flammarion. Alors, pourquoi acheter un texte que tu as déjà dans ta collection ? Pour une raison très simple : l'idée d'avoir enfin l'ouvrage "idéal" sur La Guerre de Jugurtha, c'est à dire un ouvrage magnifique, accessible et excellemment traduit, tout cela à un prix abordable. Voyons voir si j'ai trouvé tout cela...

LE PRODUIT
Soyons concis et efficaces : cet ouvrage présente TOUS les avantages que l'on peut attendre de ce que je considère comme le livre parfait. Premièrement, il est petit et maniable, me permettant ainsi de le transporter partout (sac à dos, sacoche,... oui, je lis énormément pendant mes temps de trajet). Deuxièmement, il est court, avec à peine 160 pages, dont 120 pour le texte en lui-même, ce qui permet de garder la foi et d'espérer une lecture courte mais intense. Enfin, il est graphiquement très réussi avec une couverture des plus élégantes, accompagnées d'une mise en page très propre et d'une police d'écriture parfaite pour la confort des yeux. Non, vraiment, là, rien à redire : le contenant est exceptionnel et propice à une lecture haletante ! Et tout cela pour 10€ !

L'AUTEUR
Je voulais juste prendre quelques lignes pour parler de Salluste (-86/-35), un historien romain, grand ami de Jules César, qui se retire de la vie politique après l'assassinat de ce dernier en -44 pour mieux écrire. Il nous laissera trois grandes œuvres qui parviendront jusqu'à nous :
  • La Conjuration de Catilina,
  • La Guerre de Jugurtha,
  • Histoires (dont il ne reste que des fragments).
C'est la deuxième oeuvre, écrite vers -43/-42 durant une période particulièrement troublée (années qui suivent l'assassinat de César), qui va nous intéresser ici et qui va nous narrer la guerre entre Rome et le roi numide Jugurtha, qui a eu lieu entre -112 et -105.

"J'entreprends d'écrire la guerre que le peuple romain mena contre le roi des Numides, Jugurtha, d'abord parce qu'elle fut grande et terrible, et que son issue fut longtemps incertaine, ensuite parce que c'est pendant cette guerre que s'éleva pour la première fois une opposition à l'insolence de la noblesse."

LE CONTENU
Le cœur de cet ouvrage reste bien entendu son contenu, qui demeure mon oeuvre préférée de Salluste : La Guerre de Jugurtha. On grignote avec délectation la courte mais néanmoins passionnante préface de Nicolas Ghiglion (4 pages certes, mais quelle efficacité !), puis l'on entre enfin dans le vif du sujet... Mais de quoi parle au juste cette Guerre de Jugurtha ? Oh ! Bonne question. À moi de vous répondre en vous donnant envie de le lire sans trop vous en dire.

Comme vous le savez peut-être pas, l'Empire romain sous César, cela donne ça :


L'histoire se passe en Numidie (Algérie et Tunisie actuelles), une région dominée par Rome depuis la fin de la troisième guerre punique, mais qui n'est pas encore une conquête à proprement dit au moment du conflit. Voilà que le roi numide Massinissa, fidèle allié de Rome, meurt en -148, laissant le trône à son dernier fils vivant, Micipsa. Ce dernier a deux fils, Hiempsal et Adherbal, mais également un neveu, qu'il va devoir adopter sous la pression de Rome : c'est Jugurtha. À la mort de Micipsa (-118), les trois frères se partagent le royaume, mais voilà que Jugurtha veut gouverner seul, tuant tout d'abord Hiempsal (-117) puis Adherbal (-112). Par la ruse et la corruption, il parvient à faire en sorte que Rome ne s'en mêle pas, mais lors du siège de Cirta en -112, il tue son dernier frère et massacre de nombreux romains dans la folie de son carnage. Cela est de trop : Rome déclare la guerre au roi impétueux !

Pour le cœur de l'histoire, à vous de vous lancer ! Vous y croiserez de grands noms romains, tels que Mettelus, le célèbre Caius Marius ou encore le général Sylla, des batailles incertaines, de la corruption à tout va, beaucoup d'indécision, et un final vraiment intéressant. Ahhh ! À cette époque, rien ne résiste longtemps à la puissance romaine sur le bassin Méditerranéen !

Alors oui, il y a parfois quelques longueurs de texte (Salluste est un écrivain fort bavard), mais sincèrement, l'histoire est passionnante et pleine de vivacité. L'amateur d'Histoire antique sera aux anges ; le néophyte, lui, découvrira un texte dynamique et fort agréable, qui mérite d'être lu. C'est d'ailleurs incroyable qu'aucun film à grand budget n'ait été fait encore sur ce Jugurtha, à une époque où les idées manquent ! Quel film cela pourrait donner !

Au final, j'ai été vraiment conquis par cet ouvrage, qui allie une traduction vraiment top, pleine de vivacité, et un contenant (j'ose le dire) exceptionnel (tout en restant sobre), le tout pour seulement 10€. Alors oui, il existe d'autres traductions sur le marché, notamment celle des éditions des Belles lettres Collection Budé, qui vous propose les trois œuvres pour 31€, mais là nous sommes dans le pavé de 550 pages peu maniable et trop "collection" à mon goût... Bref, un excellent compromis, que je ne regrette absolument pas, bien au contraire !


  • Ne n'arrive vraiment pas à lui trouver de défauts majeurs... Si chaque oeuvre latine pouvait être disponible pour 10€ avec cette même qualité...
  • Une traduction intégrale passionnante, pleine de vivacité.
  • Un produit vraiment élégant et réussi.
  • Un format poche transportable partout d'à peine 160 pages.
  • Un prix abordable de 10€ pour une oeuvre vraiment unique (la seule qui traite de Jugurtha).


samedi 10 novembre 2018

Amerigo : Récit d'une erreur historique - Stefan Zweig




L'Amérique, chacun le sait, aurait dû s'appeler Colombie. Amerigo Vespucci, qui lui donna son nom, n'avait en rien contribué à sa découverte, ni même revendiqué ce privilège. Alors, pourquoi lui ? Dans cet essai écrit en 1941 au moment où il s'installe en Amérique ? Stefan Zweig reconstitue l'enchevêtrement des circonstances, des hasards et des malentendus qui sont à l'origine de cette étrange erreur. Écrivain constamment soucieux d'élargir son horizon, il nous invite ici à voir le monde avec les yeux des hommes du XVe siècle, leurs connaissances, leurs incertitudes, leurs mœurs. Un an avant sa mort volontaire, il nous fait mesurer, aussi, l'incommensurable distance qui se creuse entre le vécu et la mémoire, entre les perceptions du présent et ce que les siècles futurs retiendront de nous...


J'ai acheté ce livre presque par hasard, au terme d'une recherche (qui s'est avérée fructueuse) sur les grands explorateurs. Bien sûr, nous connaissons tous (au moins de nom) Colomb, Vasco de Gama, Magellan, Cabral, Marco Polo, Cortès, Pizarro, Cartier, James Cook, Jean Cabot ou encore Amerigo Vespucci (j'en oublie), mais nous sommes peu à savoir exactement ce qu'ils ont réalisé et laissé dans l'Histoire. Soudainement, une question vint à moi : Les gens savent-ils pourquoi l'Amérique s'appelle ainsi ? Pourquoi Christophe Colomb, considéré (à tord ou à raison, je vous laisserai seul juge) comme le premier explorateur du Nouveau Monde, n'a-t-il pas eu l'honneur de pouvoir poser son blaze sur ces terres ? Et surtout, pourquoi est-ce M. Vespucci qui a eu cet honneur, cet homme qui n'a absolument pas découvert ce nouveau continent ? Ce mystérieux Vespucci : grand homme ou imposteur ? Ou les deux ?

Et voilà que je m'empresse d'acheter ce petit ouvrage d'à peine 120 pages, texte intégral en format poche, pour la modique somme de 4,10€ ! Bien sûr, je connais personnellement déjà les réponses à mes questions (du moins dans les grandes lignes), mais je sais que beaucoup les ignorent, alors voyons si nous pouvons combler ces manques ensemble au nom de la Culture, pour à peine 4€. Précisons qu'il s'agit d'une des nombreuses biographies de Stefan Sweig, écrivain que j'apprécie particulièrement pour son style d'écriture. J'avais déjà lu de lui l'excellent Les très riches heures de l'humanité (1927) et la biographie sur Magellan (1938) : voici donc celle sur le très mystérieux Amerigo (1944).

Alors que dire sur le contenu sans vous mâcher trop le travail ? Peut-être avec cette excellente phrase de l'auteur, qui résume parfaitement la situation : "C'est toute l'histoire d'un homme qui, sur la base d'un voyage qu'il n'a jamais fait et n'a jamais prétendu avoir fait, a obtenu la gloire insigne d'élever son prénom au rang de nom : celui qu'on a donné au quatrième continent de notre Terre."

C'est d'ailleurs toute l'introduction, ce premier chapitre d'à peine quelques pages, appelé "Amerigo", qui est pour moi excellente. J'ai en effet rarement été aussi exalté par une si courte entrée en matière, et cela est dû (je le sais) au talent d'écriture de Sweig. S'en suit une petite remise dans le contexte historique des grandes explorations de notre monde du moyen-âge aux grandes avancées de la Renaissance (Chapitre 2), et nous voici déjà bien plus cultivés qu'il y a à peine une petite heure ! Enfin nous sommes prêts à entrer dans le vif du sujet ! Et ça tombe bien, voilà que le chapitre 3, intitulé avec génie "Pour trente-deux pages, l'immortalité", nous offre son lot d'informations sur ce mystérieux Vespucci, qui sort en 1503 son Mundus Novus, minuscule ouvrage qui va avoir un immense succès et vértiablement tout changer.

"Cet inconnu, ce Vespucci, est le premier de tous les navigateurs qui sache raconter, et de manière amusante."

Cette phrase n'est pas anodine. Son récit est vivant et coloré, le public se passionne pour ces quelques pages, et voilà cet homme inconnu qui vient détrôner Colomb lui-même et le faire passer pour un has-been ! Car LUI avait compris depuis le départ qu'il ne s'agissait pas de l'Inde, contrairement à Colomb, borné dans ses convictions, qui a cru bien trop longtemps avoir atteint l'Asie. Surement son plus grand tort...

Je préfère ne pas vous en dire plus, car voici que vont s'enchaîner toutes les erreurs et les méprises de l'Histoire (Chapitre 4), qui vont nous emmener jusqu'en France, dans la petite ville de Saint-Dié-des-Vosges, là où tout s'est véritablement joué ! Oui, je sais, cela peut paraître complètement fou, mais c'est bien là que le mot Amérique est apposé sur ce nouveau continent pour la première fois sur une carte intitulée "Universalis Cosmographia" ! Wouah !!

Les chapitres 5 et 6 racontent la "bataille médiatique" entre Vespucci et Colomb (bien après leur mort), qui voit tout d'abord le dernier vivre dans l'ombre du premier (alors en pleine gloire), avant que le 17e siècle ne finisse par rétablir peu à peu la "vérité" et décrédibiliser (surement bien trop souvent à tort) Vespucci. Et si l'on regarde les manuels scolaires actuels, on peut voir un Christophe Colomb triomphant, bien loin du vrai homme qu'il était vraiment... Encore une fois, nos yeux ne décrochent pas une seconde tant le contenu est passionnant, apportant encore une fois son lot de "révélations". Mais là, comprenez bien que je ne peux pas vous en dire plus une nouvelle fois : vous devrez lire ce petit bouquin !!

Un dernier chapitre intitulé "Qui était Vespucci ?" résume l'ensemble du livre pour dresser un portrait définitif de l'explorateur florentin, qui grâce à la fraîcheur de ses maigres récits, mais surtout grâce à de multiples erreurs et méprises de l'Histoire, a donné son nom à un continent tout entier, qu'il n'a ni découvert, ni même parcouru dans son ensemble. On ne sait même pas combien de voyages il a effectué en Amérique, c'est pour vous dire ! Christophe Colomb devra se contenter d'un simple pays, la Colombie... Amerigo, lui, aura un continent tout entier !

"Aussi utilisons-nous aujourd'hui comme le seul véritable, le seul concevable, ce mot qu'un hasard aveugle se plut à imaginer par jeu, ce mot sonore, ce mot vibrant : "Amérique"."

En conclusion, je n'aurai qu'un mot à vous dire : FONCEZ ! Ne prenez pas de Mc Flurry la prochaine fois que vous irez au McDo, et avec cet argent économisé, achetez ce livre, qui remplira votre tête à défaut de votre ventre. Nous sommes pour moi face à un indispensable, qui fournit une excellente base pour en savoir plus sur tous ces grands explorateurs, et notamment ce mystérieux Vespucci, qui a gagné tout mon respect par son côté mystérieux. Vous saurez désormais pourquoi l'Amérique porte ce nom, et croyez-moi, cela vaut bien la peine de s'épargner un pourtant si délicieux Mc Flurry Oréo coulis caramel !!

  • La qualité d'écriture du texte, très fluide et très facile à lire.
  • Le prix : 4,10 €. Là, vous n'avez plus aucune excuse !
  • La qualité du contenu, très solide et tout simplement passionnant.
  • Petit (format poche), court (120 pages) et pas cher : que demander de plus ?
  • Je ne vois pas comment critiquer de manière négative un ouvrage coûtant seulement 4,10€ et pouvant combler un manque de savoir tellement important chez une personne lambda.

lundi 9 octobre 2017

Rêve de glace T1: Les accords corrompus - Kelly St Clare

Auteur: Kelly St Clare

Editions:  MxM Bookmark

Pages: 300

Prix: 5€99  (Ebook); 15€ (livre)

Date de parution: 23 Août 2017


Style:  Fantasy



Synopsis: Olina a 17 ans et est la Tatuma -la princesse- d’Osolis, un monde dominé par la chaleur. Elle porte un voile depuis sa naissance et personne, pas même elle, n’a jamais vu son visage. Alors qu’elle subit la tyrannie constante de sa mère et de son oncle, Olina reste une jeune femme forte, drôle et volontaire qui attend d’être reine pour changer les choses. Quand une délégation de Glacium - un monde fait de glace à l’opposé du sien- arrive en Osolis, Olina est forcée de remettre ses préjugés en question. Peu à peu, elle se lie d’amitié avec le prince de Glacium et quand celui-ci demande à voir son visage, tout le monde d’Olina va basculer... Deux sociétés à l’opposé l’une de l’autre, un périple, des personnages principaux et secondaires extrêmement bien travaillés, une héroïne courageuse et qui évolue tout au long des tomes...




Mon avis:  Je tiens à préciser que mon avis reste objectif, comme toujours. Il s'agit certes d'un envoi, mais j'ai pour principe de reste objective et impartiale, par respect pour moi-même et pour l'éditeur. Un grand merci tout particulier à Netgalley pour cet envoi. Maintenant que tout cela est précisé, passons à la critique :)

Tout dans ce roman m'a donné envie de le lire ! Je ne pouvais pas trouver meilleure accroche à cette chronique, qui résume très bien mon état d'esprit avant même que ce livre ne sorte. Une couverture contrastée entre la glace et le feu, un synopsis très bien écrit qui me donne envie d'en savoir plus,... bref, ce roman me faisait de l’œil depuis fort longtemps et partait donc déjà avec un capital sympathie au maximum ! 😆

Après une grosse panne de lecture (pour diverses raisons, notamment suite à plusieurs lectures très décevantes), j'avais terriblement besoin de m'évader… Il me fallait donc un livre suffisamment bon pour me redonner l'envie de replonger dans un nouvel univers. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que mon impression a été bien au-delà de toutes mes espérances ! Je suis obligée de vous dire que ce roman est pour moi une pure merveille, qui m'a ébloui de ses rayons purs. Une preuve de ma bonne volonté ? Bah, j'en veux encore, n'est-ce pas là une preuve suffisante ? N'est-ce pas cela qui fait la différence entre un bon roman et une merveille de roman ? Pour tout vous dire, j'étais presque triste quand j'ai tourné la dernière page tellement j'étais plongé dans l'histoire. Je me suis sentie comme lorsque l'on termine un plat que l'on adore et que notre estomac en redemande encore bien qu'il ne reste plus rien. Une petite frustration, certes, mais une douce et belle frustration car je sais qu'un deuxième tome viendra. Vous l'aurez donc compris, j'ai beaucoup aimé ma lecture, à moi maintenant de vous expliquer pourquoi ?


Parlons tout d'abord de la couverture, car c'est ce qui me fait acheter un livre à 70% ! Et oui, j'y accorde une très grande importance, car pour moi, un roman doit AUSSI être un bel objet, qui ne fera pas que remplir bêtement ma bibliothèque, mais aussi l'embellir. Et pour le coup, cette dernière m'a tapé instantanément dans l’œil, avec ce contraste Glace/Feu, Froid/Chaud. Au centre, nous retrouvons Olina, le personnage principal, de face et voilée de façon à ce que l'on ne puisse qu'entrevoir son visage. Derrière elle, le paysage est divisé en deux, avec le monde de Galcium à gauche ; celui d'Osolis à droite. À première vue, on pense qu'il s'agit d'une mariée dans un contexte sombre, et le titre du tome (Accords corrompus) nous laisse entrevoir une sorte d'accord de mariage entre deux parties qui va être le fil directeur. Mais qu'en est-il vraiment ?

Cette histoire est tout simplement magique, je n'ai rien d'autre à dire ! On apprend tout d'abord à connaître les deux mondes, qui y habitent et la hiérarchie au sein des palais. Sur Osolis règne un paysage de flammes et de feu, tandis que sur Glacium dominent le froid et les tempêtes de neiges. Ce contraste saisissant se voit également dans la culture, la population, la faune,... Impossible de ne pas penser à la mythologie nordique, et aux deux mondes originels, Niflheim (glace) et Muspellheim (feu), qui vont être le point de départ de la création. Elle ne peut que s'y être inspirée, directement ou non ^^ Mais revenons à nos moutons : l'histoire est passionnante, pleine de rebondissements, de suspense, et la romance ne prend pas trop de place, comme j'en fais souvent la critique pour d'autres ouvrages. Ici, pas d'histoire d'amour à l'eau de rose avec des "Je t'aime" et des "Je pense à lui", à la Twilight, mais un parfait assaisonnement qui m'a laissé une très belle impression.

C'est le monde d'Osolis que l'on découvre en premier, celui d'Olina (le personnage principal), dont elle est ni plus ni moins que la princesse. Bientôt, elle va devenir la Tatuma du royaume et reprendra ainsi les rênes du pouvoir que sa mère lui a légué. Sa vie fait un peu penser à un mélange de La belle au bois dormant et de Raiponce, car elle n'a pas d'amis et doit porter depuis sa naissance un voile afin que l'on ne puisse pas voir son visage. De ce fait, elle-même ne s'est jamais vue et doit subir dès le début de l'histoire les directives de sa mère.



« - C'est toi qui choisis de porter ce voile? 
Je fais "non" de la tête, et brutalement, Kedrick se met à bouillir de rage.
- Ta mère est une vraie connasse!
Je n'ai aucune idée de ce que signifient "putain" et "connasse", mais à mon ais, ce ne sont pas des mots gentils.
- Et tu n'as vraiment jamais vu ton visage? Même pas dans un miroir? Une source d'eau chaude? demande-t-il? 
- Jamais. Les sources sont trop sombres, et les miroirs sont interdits dans les rotations royales. Je peux que toucher mon visage, c'est tout.»

La ressemblance avec les deux princesses citées plus haut est encore plus fragrante si je vous dis qu'Olina a passé son enfance (10 ans) enfermée dans une tour, loin de tout contact visuel. Le reste de sa vie, elle a pu avoir une vie "normale", du moment qu'elle ne montrait pas son visage. Sa mère, la Tatuma actuelle ne l'aime franchement pas et ne manque pas de lui rappeler, ce qui entraîne de nombreux conflits... humm, je n'en dirais pas plus sur ce sujet au risque d'en dire trop !  😆😆



« - Qu'est-ce qui m'empêcherait d'enlever mon voile et de montrer mon visage à tous ceux que je rencontrerai là-bas ?
Ma voix se fait plus forte : j'avance vers le balcon, rejetant la tête en arrière afin de pouvoir continuer à observer ses réactions. 
Le rire qu'elle lâche est  trop aigu. Son expression n'a pas changé d'un pouce, mais la nervosité de sa voix la trahit.
- Si tu veux montrer à tout le monde ton visage repoussant, c'est ton choix, dit-elle.
- Mon choix ? Pourquoi est-ce que vous ne me l'avez pas dit plus tôt ? Et dire que je pensais que vous m'aviez expressément interdit de le faire. Mais dans ce cas, vous ne m'en voudrez pas si je...
Je lève ma main vers l'extrémité de mon voile, qui tombe de mes épaules et m'arrive jusqu'à la clavicule.
D'un bond, ma mère se lève du trône et agrippe la balustrade.
- Tous les miroirs de la Cinquième seront détruits ! s'exclame-t-elle avant de lever une main à nouveau.
A l'intérieur, je danse de joie : elle m'a montré qu'elle avait peur ! Si elle était juste restée assis, elle aurait gagné. Jamais je n'aurais mis ma menace à exécution. »

Par la suite, nous découvrons l'autre monde, celui de Glacium et de son prince venu en paix sur Osolis pour tenter de mettre en place une entente respective. Comment est Glacium? Qui est ce prince? Comme l'on peut s'en douter, Glacium est régit par la glace et son peuple est tout le contraire du peuple Solatis : ils ont une vie de débauche, un vocabulaire très familier, et n'hésitent pas à dire tout ce qu'ils pensent sans réfléchir.



« J'enfile mes bottes et je les écrase sur le sol, qui est couvert d'un tapis de pétales blancs. Le son me ravit. J'en rassemble une grosse poignée dans ma main avant de la montrer aux autres.
- Qu'est-ce que c'est, ça ? demandé-je en riant, tout en regardant les pétales tomber sur leurs épaules.
Certains se mettent à rire lorsqu'ils entendent ma question.
- Ce sont les larmes gelées des enfants malheureux, dit Sanjay en détournant la tête.
Horrifiée, je baisse les mains : la substance blanche retombe sur le sol.
Les délégués éclatent de rire ; Adnan se jette sur Sanjay avec un grand sourire et le pousse par terre, frottant son visage contre la matière blanche. Malir secoue la tête, l'air amusé.
- C'est de la neige, Tatuma, explique Roman. Elle tombe du ciel quand il fait très froid. »

Je pourrais continuer à chroniquer des heures ce livre, mais il est temps pour moi de m'arrêter, sous peine d'en dire bien trop. Vous l'aurez compris : entre ces deux personnages, Olina et le prince de Glacium, quelque chose va se passer et tout bouleverser. Mais que va-t-il se passer Ophélie ? À vous de le découvrir. En tout cas, sachez-le, on ne s'ennuie pas, du début à la fin, et il y a vraiment des moments chauds ! Le rythme est intense et l'auteur sait comment jouer avec nos émotions pour nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page. Sa plume est fluide et agréable, et l'on rentre dans l'histoire sans forcer car tout y est bien expliqué. Bref, je suis très admirative du travail de l'auteur et je ne peux que vous recommander à tous de vous ruer dessus, sans attendre. Vous ne le regretterez pas !
En conclusion: Un très bon premier tome, qui me donne follement envie de me plonger dans la suite sans attendre. J'ai pu voir qu'il y avait quatre tomes (en VO hélas pour le moment), et je fais tout pour ne pas céder à la tentation et me ruer sur les trois autres comme une morfale. Prions pour que j'arrive à patienter jusqu'à la traduction du deuxième tome !


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