Coucou toi, tu es tombé(e) sur mon blog, je vais donc partager avec toi mon avis sur mes lectures. Tu y découvriras mes coups de cœur ainsi que mes vidéos YouTube & TikTok. J'espère que tu passeras un bon moment et que tu me donneras ton avis. Bonne lecture à toi ♡ Ophélie ♡
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mardi 27 septembre 2022

❤FOOLS CROW❤ : SAGESSE ET POUVOIR - THOMAS E. MAILS (2022)

  



Frank Fools Crow – 1890-1989 –, comme son illustre et célèbre oncle Nicholas Black Elk, aura été toute sa vie le chef cérémoniel et Saint-Homme des Sioux lakotas. Par la mémoire qu'anime en permanence la tradition orale, ses paroles perdurent et insufflent l'énergie, la sérénité que procure la Connaissance liée au Sacré. Si le premier livre, L'Homme-médecine des Sioux, est plus axé sur la vie dans la réserve et sa position de leader spirituel au sein des Oglalas de Pine Ridge, les présentes pages sont consacrées à la spiritualité en action, comment le Pouvoir peut circuler en nous comme l'air dans un os ouvert et creux, comment l'esprit peut-il voyager à de prodigieuses vitesses, comment évoquer, voire parler à l'Être Suprême Wakan Tanka ou à Ses Auxiliaires. Des décennies durant, Fools Crow a conduit les cérémonies les plus importantes comme celle de la loge de sudation, de la danse du Soleil, du Yuwipi, de la Pipe Sacrée, des quêtes de la Vision. Fools Crow répond très clairement aux questions que se pose un vaste public consciemment ou non, sur les Indiens, leur us et coutumes, comment perdurent leurs traditions. L'action de Fools Crow a dépassé le strict cadre des réserves indiennes. Ainsi, avant qu'il ne quitte ce monde, il avait reçu la visite de Robert de Niro venu l'honorer ; une autre fois ce fut le chanteur country John Denver venu parler et chanter ; et, au moment de sa mort, le président républicain George Bush père a envoyé un message aux proches du vieux Saint-Homme. La nature de Fools Crow, son action dans la tribu, ont fait qu'il avait réussi à rapprocher séparément autour de lui des individualités, le mot est faible, très antagonistes. C'est aussi une forme du Pouvoir dont, dans ces pages, il est question.

Il est un sujet dont je suis particulièrement sensible, et dont chaque lecture aiguise un peu plus ma sagesse et ma réflexion spirituelle : l'histoire et les croyances des tribus amérindiennes. Je croyais pourtant disposer d'une culture assez solide sur cette magnifique civilisation, de la bataille de Little Big Horn (1876) au massacre de Wounded Knee (1890), de la ruée vers l'Ouest au (disons-le sans trembler) génocide perpétué par les blancs américains, de la résistance héroïque de Sitting Bull à celle de Geronimo ; mais voici qu'apparaît devant moi un nom inconnu, si proche de mon époque et pourtant si illustre : Fools Crow (1890-1989). 

    C'est grâce à cette lecture passionnante et à mon partenariat Netgalley avec les Éditions du Rocher (que j'ai également découvert pour l'occasion et qui disposent, de par sa collection Nuage Rouge, d'un grand nombre d'ouvrages extraordinaires sur les amérindiens, qu'il me tarde de lire) que j'ai pu découvrir cet homme incroyable doté d'une sagesse infinie, Franck Fools Crow, fils d'Eagle Bear et de Spoon Hunter, mais surtout homme-médecine et chef des Sioux Oglalas, considéré comme le chef spirituel des Sioux Tétons Lakotas. Voilà que j'apprends que cet homme (dont le vrai nom était Wanbli Mato) n'était autre que le neveu de Black Elk (1863-1950), dit Wapiti noir (de son vrai nom Hehaka Sapa), rendu particulièrement célèbre grâce à ses Mémoires et le récit de sa "Grande Vision", lui-même petit cousin du célèbre chef Crazy Horse (1840-1877), pour qui je voues une profonde admiration ! Voilà donc une bien belle lignée d'êtres respectables ! Ce livre, qui est un ensemble de propos, de pratiques et de rituels rapportés par Thomas E. Mails (1920-2001) lors de longs entretiens achevés en 1977 avec Fools Crow, est publié la première fois en 1991 sous le titre Fools Crow, Wisdom and Power, et apparaît comme une suite à L'Homme Médecine des Sioux (dont le titre original est Fools Crow, datant de 1979), qu'il vaut mieux avoir lu avant d'aborder cet ouvrage, bien que cela ne soit pas indispensable pour autant (comme cela fut pour mon cas). La première traduction française a été faite en 1994 par les Éditions du Rocher, qui viennent donc de rééditer l'ouvrage cette année (le 14 septembre 2022), pour notre plus grand bonheur ! 

    "Ces pages contiennent sans doute le document le plus rare qui ait jamais été publié sur un Saint-Homme des Indiens d'Amérique." Le ton est donné dès les premières lignes, et moi qui pensait que l'auteur en rajoutait volontairement pour attirer son lecteur, je me rends compte, en terminant la dernière page de l'ouvrage, que ses propos sont d'une grande véracité. 

En effet, il est quelque chose d'extraordinaire qui ressort immédiatement de cette lecture : on sent qu'une page de l'Histoire se tourne lentement, qu'une part immense de la culture Sioux (Hommes-Médecine, Danse du Soleil,...) s'évapore inexorablement, et que la perte de ce "Saint-Homme", qui aura vécu 99 ans, ne sera plus jamais comblée dans notre monde actuel. Toute cette spiritualité, toute cette sagesse, ces rituels ancestraux, ces pratiques en apparence étranges mais tout bonnement incroyables, cette identité Sioux : tout semble amené à disparaître dans un futur proche, et ce livre tend à devenir bien plus qu'un simple témoignage d'une époque et d'une façon de concevoir le monde. Fools Crow lui même parle constamment avec un certain fatalisme quand il parle de l'avenir des siens : "Malheureusement, notre peuple commence à l'oublier et il paie cet oubli d'un prix tragique." ; "La plupart des gens de mon peuple commencent à s'écarter de Wakan Tanka et, chaque jour qui passe, les exemples de ces longues vies sont plus difficiles à trouver." ; "Si seulement nos adolescents pouvaient écouter comme eux. Mais maintenant, ça ne les intéresse plus. L'avenir leur semble trop morne, ils pensent que ça ne vaut pas la peine de faire des efforts pour tenter de changer." J'aime cette phrase dans l'ouvrage qui résume finalement tout : "Les Voies anciennes se perdent dans l'oubli." Quelle tristesse ! Quelle perte pour notre monde ! Qu'en sera-t-il de ce dieu, Wakan Tanka, "Le Très-Haut et Très-Saint", et des ses "Auxiliaires" ? Qu'en sera-t-il de Tunkashila ou de Grand-Mère Terre ? Qu'en sera-t-il de cette mythique danse du Soleil, de cette capacité à devenir "un petit os creux neuf" pour recevoir le pouvoir de Wakan Tanka, de cette fascinante "vue visionnaire" dont le chapitre 3 m'a littéralement passionné, de cette troublante "transmission de pensée", ou encore de cette faculté de guérison physique et spirituelle qui m'a laissé littéralement bouche bée ? Que restera-t-il de tout cela ? La solution est sûrement dans ces deux phrases de Fools Crow, pleines d'espoir : "S'il y a un dernier souhait que j'aimerais voir se réaliser, c'est que les miens, un jour, se tiennent comme un seul homme, et soient pris en compte ; qu'ils retrouvent leur fierté et disent "c'est fini" à l'alcool et à la dépendance envers le gouvernement des États-Unis; que nos voies traditionnelles, les voies qui font notre grandeur, redeviennent les voies de tout notre peuple." ; "Dites aux gens, dans votre livre, de se souvenir que Wakan Tanka est tout proche et d'y réfléchir. S'ils vivent dans cette sagesse, elle leur donnera une force et un espoir infinis." Ne pas oublier, retrouver sa dignité et sa grandeur, perpétuer les traditions, être fier de ses racines, respecter les dieux ancestraux ou encore vivre dans la spiritualité : voilà ses souhaits !

    Pour conclure cette chronique, je tiens à dire que j'ai été totalement bluffée par cette lecture pour laquelle j'ai eu, avouons-le, une certaine appréhension sur le contenu, qui a très vite disparue dès les premiers chapitres. J'ai découvert un homme exceptionnel à la sagesse immense et aux pouvoirs incroyables, ainsi qu'une conception du monde et de la vie qui se rapprochent beaucoup de ce que j'ai pu lire chez d'autres grands hommes comme, par exemple, Gandhi. J'aurai d'ailleurs tellement aimé que ces deux grands hommes se croisent et se parlent... Les 15 chapitres se lisent très facilement, et l'excellente bibliographie en début et fin d'ouvrage m'ont permis d'approfondir mes recherches sur cet homme et son peuple, ce qui est encore un bon point. Décidément, cette collection "Nuage rouge" des Éditions du Rocher est pleine de surprises, et je pense lire très vite le premier ouvrage de Thomas E. Mails sur cet homme illustre : "Fools Crow : l'homme-médecine des Sioux". Je vous laisse avec quelques phrases tirées de l'ouvrage chroniqué, pleines de sagesse :

"Même les échecs apportent quelque chose de positif. Ils nous obligent à rester humbles, ils nous aident à découvrir nos erreurs et à les réparer. Les échecs nous montrent aussi qu'il faut pratiquer davantage, jusqu'à ce qu'on se soit amélioré."

"À tout moment, si nous le voulons, nous pouvons être solidaires les uns des autres et cesser de nous chamailler. Partout les Indiens ruinent tous les efforts, en ne sachant pas s'unir. Ils veulent tous devenir chef, être celui qui dirige tout. Alors, on se retrouve finalement sans rien."

"Vous m'avez envoyé un Blanc atteint d'un cancer. Quand j'ai recouvert mes yeux avec le bandeau, j'ai vu que son corps en était rempli. C'était terrible. J'ai dû lui annoncer qu'il allait mourir et lui ai demandé s'il voulait une guérison spirituelle. Il m'a demandé ce qu'était la guérison spirituelle ; je lui ai dit que c'était atteindre la paix, ce qui signifiait être libéré de la peur. Vous voyez, il avait besoin de savoir que la mort n'était pas une ennemie, et que mourir n'était qu'une brève étape nous faisant entrer dans la vie pour laquelle nous sommes tous nés, dans le lieu où nous sommes pour toujours en sécurité avec Wakan Tanka. C'était un homme jeune, trop jeune pour mourir, pensait-il. Il était en colère, et blâmait Wakan Tanka de ce qui lui arrivait. Il estimait que c'était injuste. La guérison spirituelle s'occupe de tout cela. Elle débarrasse de la colère et de la blessure intérieure, et elle calme aussi la douleur, à la fois physique et mentale. Quand nous achevons le traitement de guérison spirituelle, la personne est calme, prête, et même impatiente de mourir."

mardi 4 octobre 2016

Mémoires de Géronimo - Recueillis par S. M. Barrett


 Auteur: Géronimo, S. M. Barrett

Editions:  La Découverte

Pages: 174

Prix: 8€

Date de parution: 18 août 2003

Style:  Histoire


Synopsis: En 1904, un "inspecteur général de l'éducation" de Lawton (Oklahoma) rencontre un vieil indien, prisonnier de guerre et déporté, loin de son Arizona natal, à Fort Sill où il terminait ses jours en cultivant des pastèques : il s'agissait du célèbre chef apache Geronimo qui avait tenu en respect victorieusement, des années durant, les meilleures troupes et les plus glorieux généraux des États-Unis. Des liens se nouèrent entre eux, sinon d’amitié (vu la méfiance légitime de l'Apache) du moins de respect mutuel. C'est ainsi que Geronimo accepta de raconter sa vie à S.M. Barrett, ce qui nous permet de lire aujourd'hui ce témoignage sur le génocide qui marqua la "conquête de l’Ouest".



MON AVIS
"Parce qu'il m'a donné la permission de raconter mon histoire ; parce qu'il a lu cette histoire et sait que j'ai essayé de dire la vérité ; parce que je crois qu'il a un esprit juste et qu'il veillera à ce qu'on fasse justice à mon peuple dans l'avenir ; et parce qu'il est le chef d'un grand peuple, je dédie l'histoire de ma vie à Théodore Roosevelt, président des États-Unis."

Comment rester insensible face à un tel récit, sorti de la bouche d'un des plus grands chefs indiens apache, Go Khla Yeh, surnommé Geronimo (1829-1909) par les mexicains ? Alors vaincu par les troupes américaines, il vit le reste de ses vieux jours au camp militaire de Fort Sill, en tant que prisonnier de guerre. Surtout, il parle... de sa vie, de son peuple, des envahisseurs blancs, que S.M. Barrett a compilé dans cet ouvrage d'une valeur désormais inestimable pour la mémoire des amérindiens. Et quel plaisir de tenir entre ses mains une traduction française de qualité, nous permettant, nous, français, d'avoir accès à ses paroles pour à peine 8 euros. On ne peut que remercier la démarche de l'éditeur, qui nous livre encore une fois un ouvrage de qualité.

LE PRODUIT
Quelques lignes sur le contenant, sobre mais parfaitement cohérent. L'ouvrage est relativement court (174 pages, dont plus de 40 pages de préface et d'introduction), les pages sont correctement aérées et la lecture confortable. La couverture est presque touchante, puisqu'il s'agit d'un portrait de Geronimo dans ses vieux jours, et je ne peux m'empêcher d'entrevoir dans son regard une certaine tristesse et nostalgie des jours passés où il était, lui et sa tribu toute entière, encore libre dans les vastes terres du Sud-Ouest des États-Unis. Bref, bonne impression sur le contenant. Passons maintenant aux choses sérieuses, c'est à dire au contenu.

LE CONTENU
Les paroles de Geronimo ont été compilées en quatre parties bien distinctes et relativement courtes : Les Apaches, Les Mexicains, Les hommes blancs & L'ancien et le nouveau.

La première partie est extrêmement intéressante, puisque Geronimo y raconte la cosmogonie selon les Apaches, et définit toutes les tribus apaches.

"Nous sommes en train de disparaître de cette terre et pourtant, je ne peux croire que nous sommes inutiles, sinon Usen ne nous aurait pas créés."

Puis il nous parle de son enfance, de sa tribu en particulier et de ses coutumes, de sa vie quotidienne, bref, de lui. Les pages défilent et mes yeux ne décollent pas tant ce qu'il y à dire est passionnant. Geronimo semblait alors heureux, libre, à sa place, en communion totale avec la Nature et parfaitement intégré dans sa tribu. Mais cet équilibre allait être cassé...

La deuxième partie est beaucoup plus dure et triste. On apprend que les mexicains ont tué sa mère, sa femme et ses enfants lors du même assaut

"Je n'avais pas d'armes, je ne pouvais pas me battre ni essayer de retrouver les corps de mes bien-aimés puisque c'était interdit. Je n'avais pas envie de prier et ne pus me résoudre à prendre une décision puisqu'il ne me restait plus rien."


"J'avais juré de me venger des troupes mexicaines qui m'avaient si cruellement traité et chaque fois que je passais près de la tombe de mon père ou que quelque chose me rappelait les jours heureux, mon cœur me faisait mal et criait vengeance."


Que voulez-vous rajouter de plus ? Guidé par la vengeance, Geronimo se rend à Arispe et tue beaucoup de mexicains, avec d'autres indiens.

"Je ne pouvais rappeler mes bien-aimés, je ne pouvais rendre la vie aux Apaches morts mais je me réjouis de cette victoire. Les Apaches avaient vengé le massacre de Kas-ki-yeh."


S'en suit une série de représailles d'un camp à l'autre, avec des périodes particulièrement compliquées et d'autres plus favorables. Une chose est sûre : Geronimo voue une haine farouche contre les Mexicains (on peut aisément le comprendre) et ne cesse de les harceler durant de nombreuses années. Il enchaîne les succès et les échecs, et ressors parfois de situations vraiment critiques. On ne peut qu'être admiratif d'un tel courage (ou d'une telle imprudence).

"Beaucoup de temps s'est écoulé mais je n'aime toujours pas les Mexicains. Avec moi, ils se sont toujours montrés déloyaux et criminels. Je suis vieux maintenant et je ne prendrai plus jamais le sentier de la guerre mais si j'étais jeune et si je pouvais prendre le sentier de la guerre, il me mènerait tout droit au Mexique."

Dans la troisième partie, Geronimo nous raconte ses premiers contacts avec l'homme blanc, qui sont apparemment assez sains. Mais rapidement, la lâcheté de l'homme blanc et sa capacité à mentir constamment en fait un ennemi à combattre. 

"La traîtrise des soldats avait irrité les Indiens et leur avait rappelé le souvenir d'autres trahisons, si bien que nous ne fîmes jamais plus confiance aux troupes des États-Unis."


En effet, Geronimo parle souvent de traîtrise de l'homme blanc et de mensonges, et on peut aisément se dire qu'il dit la vérité. Des combats violents éclatent entre les deux camps, Geronimo est fait plusieurs fois prisonnier, parvenant à chaque fois à s'enfuir. On lit tous ses combats avec passion et admiration, ne pouvait imaginer une seconde avoir une vie aussi fragile et trépidante que lui. Finalement, la tension des combats devient trop pressante, et les Apaches finissent par se rendre, lassés et fatigués de se battre pour survivre.

Voilà ce dit le Général Miles à Geronimo : "Le président des États-Unis m'a envoyé  pour vous parler. Il a entendu parler des difficultés que vous avez eues avec les hommes blancs et dit que si vous acceptez de faire un traité, il n'y aura plus de difficultés. Geronimo, si vous acceptez de faire un traité, tout s'arrangera à la satisfaction générale."

Le traité accepté, inutile de rappeler que l'homme blanc est encore menteur, faisant travailler durement les Apaches. Tout ce qu'avait promis le général Miles, la terre, les outils, la maison, le troupeau, tout cela n'est que mensonge... Geronimo est donc un prisonnier de guerre.

Enfin, la dernière partie, Geronimo parle des lois Apaches et de leur manière de vivre (danses, coutumes,...), avant de nous décrire une scène plutôt amusante : sa venue à l'exposition internationale. Je dis amusant parce que la naïveté de Geronimo envers le monde qui l'entoure est touchante.

"Dans un autre spectacle, des hommes étranges avaient des bonnets rouges et des épées curieuses, semblaient  vouloir se battre. Finalement, leur chef leur disait qu'ils pouvaient se battre. Ils essayaient de se taper sur la tête avec ces épées et je m'attendais à ce qu'ils soient blessés tous les deux ou même tués mais aucune d'entre eux ne fut blessé.  Il doit être difficile de tuer ces gens-là au corps à corps."


"Une fois, les gardiens m'emmenèrent dans une petite maison qui avait quatre fenêtres [Il parle de la grande roue]. Quand nous fûmes assis, la petite maison commença à bouger sur le sol [...] ils me dirent de regarder dehors et quand je le fis, je fus effrayé car notre petite maison était montée très haut en l'air et les gens en bas n'étaient pas plus gros que des fourmis [...] C'étaient de très curieuses petites maisons."


Plutôt touchant je trouve. Mais pas plus que les derniers mots de ce grand monsieur, qui a encore l'espoir que les choses s'arrangent un jour.

"Nous voudrions avoir le droit de retourner dans la terre qui est la nôtre de droit divin [...]. Nous ne demandons pas toute la terre que le Tout-Puissant nous a donnée au commencement mais qu'on nous en donne suffisamment pour faire de la culture [...]. C'est ma terre, mon pays, la terre de mes pères où je demande maintenant que l'on me permette de retourner. Je veux vivre mes derniers jours là-bas et être enterré dans ces montagnes. Si cela était, je pourrais mourir en paix en sachant que mon peuple, vivant dans sa terre natale, s'accroîtrait au lieu de diminuer comme à présent et que notre nom ne s’éteindrait pas [...]. Si seulement je pouvais voir cela se réaliser, je pense que je pourrais oublier toutes les injustices qui m'ont été faites et moi, vieil homme, je mourrais content et heureux."

Hélas, son souhait ne sera pas exaucé, et aujourd'hui, les usurpateurs blancs sont ceux que l'on appellent les Américains, la première puissance mondiale, capitaliste jusqu'aux bouts des ongles, puissance née dans le sang et par le sang du génocide des amérindiens. Il n'y a pas plus à dire.

CONCLUSION
Ce témoignage poignant et touchant est d'une grande valeur, et cet ouvrage est donc fort logiquement une grande réussite. Quelle fierté d'avoir l'histoire d'un grand homme comme lui dans ma bibliothèque, qui a enduré les pires mensonges, les pires traîtrises, les pires combats. Jeune, il était libre, heureux et épanoui. Vieux, le voilà prisonnier, malheureux et usé par le mensonge des blancs. Une telle vie mérite d'être lue. Et si je pouvais m'adresser à l'Homme blanc (rien de péjoratif) une bonne fois pour toute, voilà ce que je lui dirais : Ne reproduisons plus ces terribles erreurs du passé. Non, notre place n'est pas partout en ce monde. Non, toutes les terres, même inexplorées ou mal exploitées, ne nous appartiennent en aucun cas. Et non, toutes ces vies qui étaient là bien avant nous, n'ont pas à subir les conséquences de nos mauvais choix.