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lundi 12 avril 2021

Pour Napoléon - Thierry Lentz

 



Y en a marre ! Marre de ces équipes de la hargne, de la rogne et de la grogne contre Napoléon ! Le coup de gueule d'un historien en colère.

Exaspéré par les polémiques qui surgissent à tout bout de champ sur Napoléon, relatives particulièrement à l'esclavage, au patriarcat, à sa dictature ou aux guerres que l'empereur a menées, Thierry Lentz y répond dans cet essai argumenté, au ton vif et personnel. Vingt chapitres très enlevés pulvérisent les faux procès, fondés pour la plupart sur l'ignorance et l'anachronisme, parfois sur l'aveuglement idéologique et la bien-pensance, voire la haine de la France et de son histoire, devant laquelle les politiques se courbent trop souvent. Surtout, l'historien impeccable, sans défendre systématiquement Napoléon, rappelle le rôle décisif et pérenne tenu par le Consulat et l'Empire dans la construction de la France contemporaine, jusque dans notre présent et notre intimité. Oui, Napoléon vit en nous, et les Français, dans leur ensemble, ne s'y trompent pas, qui reconnaissent en lui un héros national, avant et à côté de Charles de Gaulle.



Mesdames, Messieurs : M. Lentz est en colère, du moins c’est l’impression qu’il donne ! 2021 devait être l’année de notre Napoléon national, et la France devait célébrer comme il se doit, en grande pompe, le bicentenaire de la mort de l’Empereur à Sainte-Hélène. Oui, mais voilà que des voix se sont élevées contre cette commémoration, imbibées d’idéologies aveugles distillées par une minorité bruyante, dangereuse et ignorante, que notre (lâche) gouvernement ne tient surtout pas à fâcher. À les écouter, Napoléon Bonaparte fut un profond raciste, un esclavagiste zélé, un tyran sanguinaire coupable d’avoir sacrifié des millions de vies pour son ambition personnelle et d’avoir fait sombrer l’Europe dans le chaos ! Célébrer un tel homme ne serait pas convenable, disent-ils ; cela serait même insupportable, et si Napoléon fut réellement tout cela, je serai bien d’accord avec eux ! Seulement, pour parler raisonnablement du passé, deux choses primordiales doivent être respectées, sous peine de sombrer dans l’erreur : la première est de confirmer ce que l’on affirme par des connaissances sourcées, et non pas prendre pour argent comptant ce qu’un prétendu « spécialiste » a balancé sur Internet, aussi médiatique et « spécialiste » soit-il. Croyez-moi, cela évite de dire beaucoup de conneries ! La seconde chose, sûrement la plus importante et pourtant la plus négligée, est d’observer le passé avec le prisme de l’époque, le contexte de l’époque, et surtout pas avec notre regard actuel. Cela est tout simplement primordial si vous voulez côtoyer de plus près la vérité et ne pas nager dans un océan de mensonges et d’anachronismes grotesques !

               Devant une telle ignorance et un tel aveuglement idéologique qui gagnent du terrain chaque jour qui passe ; devant une si grande détestation de l’histoire de France et cette ambiance nauséabonde, M. Lentz s’est dressé courageusement, presque dans l’urgence dirait-on, avec ce nouvel essai, « Pour Napoléon », aux éditions Perrin, que je me suis empressé d’acheter et de lire pour vous en donner mon avis. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Thierry Lentz n’est pas n’importe qui quand on vient à traiter de Napoléon et de son époque : il est ni plus ni moins l’un des plus grands spécialistes et historiens sur le sujet, avec des pointures comme Jean Tulard ou André Castelot, en plus d’être le directeur de la fondation Napoléon depuis 2000. J’ai beaucoup d’admiration pour cet homme, véritable référence que j’avais découvert avec un petit livre intitulé « 100 questions sur Napoléon », aux éditions La Boétie (il existe une réédition plus récente aux éditions Tallandier), et qui m’avait vraiment emballé. Pourquoi le cacher ? J’aime son œuvre, que je découvre peu à peu, la verve et la clarté de son écriture, ainsi que son intégrité exemplaire, ne se contentant pas d’aduler et de défendre bêtement l’Empereur des Français face à la moindre attaque, même légitime (ce qui m’a libéré directement d’une crainte à l’achat de ce livre : celle de l’objectivité et de la bonne foi lorsque l’on vient à vouloir parler d’un homme suscitant autant de passions).

               Ce dernier essai, « Pour Napoléon » semble avoir été écrit presque dans l’urgence, juste après un monumental « Napoléon — Dictionnaire historique » (2020). Mais faire dans l’urgence ne veut pas nécessairement dire mal faire, surtout lorsque l’on s’appelle Thierry Lentz ; disons plutôt qu’on a l’étrange impression que ce livre n’aurait pas existé si la raison et la culture étaient de mise dans ce foutu pays. Face à des attaques injustes qui bafouent notre honneur, nous avons tendance à vouloir nous défendre hâtivement pour rétablir la vérité. De même, face à des attaques injustes et infondées sur l’Empereur, d’une extrême dangerosité, M. Lentz a naturellement pris sa plume pour écrire avec diligence un plaidoyer admirable, toujours dans ce souci d’objectivité, souhaitant opposer une farouche résistance à tous ces détracteurs aveuglés par l’ignorance de notre sombre époque. OUI, Napoléon « est en nous », que cela plaise ou non à mes chers concitoyens ; OUI, la France et les Français lui doivent énormément (Code civil, création du Conseil d’État, des Archives nationales, des Sapeurs-pompiers de Paris, de la Cour d’appel, du Lycée, du Baccalauréat, de la Légion d’honneur, sans compter ses multiples constructions comme l’Arc de Triomphe, la colonne Vendôme, l’Arc du Carrousel, l’aménagement du cimetière du Père-Lachaise, et j’en passe !) ; OUI, Napoléon n’était pas parfait et irréprochable, comme tout homme de pouvoir (comme tout homme d’ailleurs, tout court), et personne ne nie sa « face d’ombre » ; OUI, Napoléon a bien rétabli l’esclavage, mais lisez donc le chapitre 12 avant de juger un fait avec une sensibilité moderne (la pire des erreurs) ; NON, il n’était pas un dictateur (chapitre 20) et ses guerres n’ont pas fait plus de morts que d’autres conflits du passé (chapitre 13) ; NON, Napoléon ne peut être comparé à Hitler (chapitre 11) ; et je pourrais continuer ainsi fort longtemps. Vous l’aurez compris : ce livre vous expliquera tout ce que vous devez savoir, et a pour vocation de remettre de l’ordre et un peu de sérénité dans ce chaos idéologique et intellectuel que certaines minorités se complaisent à développer dans les cerveaux malléables, sans forcément défendre l’Empereur coûte que coûte ! L’objet est assez court avec un peu plus de 200 pages, se lit donc assez vite (quelques jours m’ont suffi tant le contenu est fluide), admirablement écrit et sourcé, fourmillant de références et d’anecdotes aussi passionnantes qu’inquiétantes (les chapitres 3 et 6 sont incroyables et font grandement réfléchir sur notre époque…) ; la couverture est épurée et magnifique, avec son fond blanc et ses caractères dorés ; ses pages sont aérées et agréables à la lecture, avec des chapitres relativement courts qui ne connaissent aucune lourdeur ; enfin, son prix est très abordable (15 €), bien qu’un tout petit peu trop cher à mon goût pour tenter les portefeuilles un peu trop limités (au pire, cela fera un excellent cadeau !). Au bout du compte, l’auteur fait un tour d’horizon de toutes les questions qui fâchent, avec objectivité, sans rejeter systématiquement les défauts de l’Empereur et « nier les noirceurs », mais avec l’intention de « les mettre à leur juste place historique ». Cela me rappelle une démarche déjà effectuée dans un de ses autres livres, « Idées reçues sur Napoléon », réédité en 2020 aux éditions Le Cavalier bleu (l’ouvrage datant de 2001), et qui m’avait déjà appris pas mal de choses. Bref, un travail admirable, comme on en a l’habitude avec lui, et je ne fus guère surpris de voir cet ouvrage « #1 Meilleure vente » sur Amazon, dans la catégorie XIXe siècle, au moment de mon achat.

               Au bout du compte, Napoléon occupe une place vraiment spéciale dans le cœur des Français et des citoyens du monde entier, et nous devrions en être fiers, sans toutefois rester aveugles sur ses parts d’ombres qui mériteraient un débat digne de sa grandeur ! Pour ma part, j’ai participé financièrement à la rénovation du tombeau de l’Empereur aux Invalides — cela m’a semblé presque une évidence —, et j’ai déjà ma place bien au chaud pour la très attendue exposition « Napoléon » à la grande halle de la Villette, qui se tiendra du 14 avril au 19 septembre 2021, sans pourtant être un admirateur zélé de Napoléon (en qui je voue simplement un profond respect, ce qui est déjà pas mal) ! Alors, je le dis en patriote, en Français que je suis, fier de son histoire et de tout ce qui a fait la grandeur de mon pays ; je le dis en fervent défenseur de la culture et de la vérité : merci, M. Lentz, pour ce travail admirable ! Merci de nous avoir décrit votre colère (je maintiens que j’en ai ressenti dans certains de vos propos), votre frustration, vos inquiétudes, vos espoirs, vos anecdotes, et tant d’autres choses dans ce petit essai, qui a pleinement mérité son succès. Permettez-moi d’achever ma chronique en recopiant un petit passage qui, je pense, résume parfaitement la mentalité de l’auteur, et saura, je l’espère, vous convaincre de lire cet essai à votre tour : « Dans son [il parle de Napoléon] bilan, certaines de ses décisions et certains de ses choix me plaisent, d’autres non, mais cela n’a pas grande importance. Mieux : cela n’a pas à entrer en ligne de compte dans mon travail. Même si je ne peux réduire au silence d’autres parts de ma personnalité — citoyen de mon époque, de bonne ou de mauvaise humeur, optimiste ou mélancolique… –, je m’emploie à faire mon métier avec le recul nécessaire, en faisant chez Napoléon la part du monstre épique et du gouvernant réel. Je m’attache à la connaissance et à l’évaluation des sources, afin de tenter de reconstituer, ordonner et relier des faits, sans oublier jamais de les placer autant qu’il m’est possible dans leur contexte. Vient ensuite le moment de rendre mes conclusions et hypothèses compréhensibles, instructives et, si possible, agréables à découvrir par mes auditeurs ou mes lecteurs. Je me considère leur devoir toujours honnêteté, impartialité et, n’ayons pas peur des mots, enthousiasme. Je ne suis pas là pour ennuyer ceux qui veulent bien m’écouter ou me lire. » Voilà qui a le mérite d’être clair !




·        Écrit par M. Lentz, s’il vous plait ! Un gage de qualité et d’intégrité.

·        Très bel objet, facile à lire et très bien mis en page.

·        Remet les choses à leur place !



·        Un prix peut-être un tout petit trop élevé à mon goût pour toucher une plus grande cible, peut-être plus « populaire ».


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