vendredi 20 janvier 2017

La porte du ciel - Dominique Fortier

 Auteur: Dominique Fortier

Editions:  Les escales

Pages256

Prix: 15€

Date de parution: 5 janvier 2017


Style:  Historique

Synopsis: Au cœur de la Louisiane et de ses plantations de coton, deux fillettes grandissent ensemble. Tout les oppose. Eleanor est blanche, fille de médecin ; Eve est mulâtre, fille d'esclave. Elles sont l'ombre l'une de l'autre, soumises à un destin qu'aucune des deux n'a choisi. Dans leur vie, il y aura des murmures, des désirs interdits, des chemins de traverse. Tout près, surtout, il y aura la clameur d'une guerre où des hommes affrontent leurs frères sous deux bannières étoilées. Plus loin, dans l'Alabama, des femmes passent leur vie à coudre. Elles assemblent des bouts de tissu, Pénélopes modernes qui attendent le retour des maris, des pères, des fils partis combattre. Leurs courtepointes sont à l'image des Etats-Unis : un ensemble de morceaux tenus par un fil – celui de la couture, celui de l'écriture.

Mon avis: Tout d'abord, je tenais à remercier Babelio de m'avoir sélectionné afin que je puisse découvrir l'univers de cet auteur, mais également de pouvoir rencontrer ce dernier en personne. Hélas, le jour de la rencontre, l'auteur était malade et c'est donc l'éditrice qui s'est chargée de nous présenter le livre ainsi que son ressenti sur ce dernier. Je tiens à préciser que mon avis reste objectif, comme toujours. Il s'agit certes d'un envoi d'une maison d'édition, mais j'ai pour principe de rester objective et impartiale, par respect pour moi-même et pour l'éditeur. Maintenant que tout cela est précisé, passons à la critique :)

Parlons tout d'abord un peu de la couverture, car cette dernière joue chez moi un rôle primordial dans un acte d'achat et mon envie de lire un ouvrage. On y voit une photo portrait ancienne d’Ève, qui m'a tout de suite parlé. Pourquoi ? Parce que l'on sent tout de suite que l'on parle d'une époque sombre de la population noire d'Amérique, avec le racisme quotidien et l'esclavage. Rien qu'en regardant cette photo, et sans lire une ligne du synopsis, j'avais déjà cadré le contexte de l'histoire tant la photo est forte, avec cette noire en vêtement d'époque ! Après lecture du synopsis, on apprend qu’Ève est une métisse, non une noire... Étant moi-même métisse, je dois avouer la trouver étrangement foncée, qui plus est avec des cheveux grainés et aucun signe visible de métissage. Humm.... Ce n'est peut-être alors pas elle. Enfin bref ! Une couverture très sobre mais très puissante, qui fait parfaitement son job !

Passons à l'histoire, dès le début, le contraste entre Ève et Eleanor nous frappe. Eléanor McCoy est une jeune fille blanche de bonne famille, dont le père est médecin. Ce dernier a tendance à se préoccuper énormément du sort des autres, que ce soit des êtres humains ou des animaux. Lors d'une consultation un jour dans un plantation de coton de Louisiane, il aperçoit cette jeune fille qui est sur le point de se faire battre, car elle essaye de s'échapper de la plantation afin de rejoindre sa famille vendue quelques temps auparavant. Ému, le médecin décide de l’acheter (Arg...) afin de payer sa liberté. Mais est-elle vraiment libre ? Il va la loger sous son toit, lui donner une meilleure condition de  vie (de vrais vêtements, une hygiène de vie, manger à sa faim,...), et l'élevée au côté d'Eleanor, ce qui n'est pas commun dans le contexte de l'époque.

D'ailleurs, en parlant de contexte, il faut savoir que le livre se passe durant la guerre de Sécession (1861-1865), au moment donc d'un affrontement terrible entre le nord des États-Unis et le sud. Les conséquences de cette guerre vont concerner directement les noirs d'Amérique avec l'abolition de l'esclavage en toile de fond. Logique donc de retrouver dans ce livre quelques noms célèbres, comme celui d'Abraham Lincoln (1809-1865).  


« Mais il faut que je vous explique, peut-être : certaines choses sont de notoriété publique :

Par exemple, le fruit de l’union d’un âne et d’une jument est un mulet, tandis qu’une ânesse et un cheval donnent un bardot.


Par exemple, le basilic naît de l’accouplement de deux coqs, dont on donne les œufs à couver à des crapauds Il en sort des poussins auxquels poussent au bout d’une semaine des queues de serpent.

Par exemple, l’enfant d’un homme blanc et d’une femme noire est un mulâtre ou une mulâtresse.

Si cette mulâtresse a à son tour un enfant avec un Noir, cet enfant est dit noir et l’on n’en parle plus. Le sang noir a pour ainsi dire eu raison du blanc, l’effaçant, le noyant, le dissolvant à jamais. Si par contre une mulâtresse a un enfant avec un Blanc, l’enfant est qualifié de « quarteron ». Une femme quarteronne et un homme blanc produisent un mustee; une femme mustee et un Blanc, un mustee-fino. »

Les personnages d’Ève et Eléanor vont donc grandir ensemble. Au début, Ève est très sauvage, mais vu comment elle a été élevée, personne ne peut lui en vouloir. Mais sa condition va s'améliorer petit à petit, et elle va beaucoup apprendre auprès d'Eleanor. Hélas, en public, tout vient lui rappeler sa couleur de peau et son "rang" inférieur. En effet, à l'église, elle doit aller au dernier rang avec les domestiques, faire la vaisselle après manger, ou encore suivre Éleanor comme une bonne qui suit sa maîtresse lors du mariage de cette dernière. 

« Il ne vous avait pas échappé, sans doute, qu’Ève avait un statut mal défini. On ne lui demandait pas de frotter les planchers, mais jamais il ne serait venu à l’esprit de quiconque de l’inviter à s’asseoir à table quand il y avait du monde à la maison. Elle prenait tous les jours le thé avec Eleanor, dont elle partageait les jeux, mais, après que son amie se fut tamponné les lèvres, Ève rapportait les tasses à la cuisine pour les laver. »

" Ce mot de liberté et ses frères - égalité, émancipation, union - étaient des osselets qu'on secoue dans sa main avant de les jeter par terre, où ils formaient des amoncellements précaires. La bouche qui y mordait n'était point rassasiée; ils ne protégeaient pas de la pluie, ni du soleil ni, à plus forte raison, du fouet ou de la guerre."

Une couverture intéressante, une histoire qui me parle... mais pourquoi ais-je donc mis seulement deux étoiles à ce livre ? Pour plusieurs raisons, qui ont fait de ma lecture une véritable corvée ! La première, et non des moindres, c'est que je n'ai absolument pas accroché à la plume de l'auteur, ni même à l'histoire globale du roman. De plus, les passages descriptifs sont vraiment trop présents et alourdissent beaucoup trop le récit selon moi. L'ouvrage ne fait que 256 pages, et pourtant il m'a paru interminable ! Rien qu'à partir de 140 pages, j'ai dû me forcer à continuer plusieurs fois pour ne pas refermer le livre et le ranger. En fait, je ne sais pas comment vous le dire, mais on dirait qu'il n'y a pas vraiment d'histoire, et s'il y en a une, alors je l'ai trouvée trop peu exploitée. Pas d'histoire d'amour impossible, pas de combat idéologique, pas d'intrigue passionnante : en fait, on ne fait que suivre la vie des gens à travers des événements. Dommage ! Je ne dirais rien des nombreux passages historiques puisqu'ils ont toute leur place dans le récit, mais ce livre manque cruellement d'action et d'intrigue. Et pour son intérêt, cela est une véritable balle dans le pied !

Je dois vous le confesser : je n'ai pas pu le lire d'une seule traite. J'ai posé ce roman plusieurs fois pour m'aérer la tête et lui donner une autre chance, mais l'envie de le reprendre ne venait jamais, alors je me suis forcée pour honorer ma chronique. Soyons clairs : je ne me permettrai jamais de critiquer la plume d'un auteur, mais celle-ci n'était simplement pas faite pour moi. D'autres personnes aimeront ce que je n'ai pas aimé, cela est une certitude. Mais je ne peux pas donner une bonne note à ce roman par respect pour la maison d'édition et tous ceux qui viendront lire cette chronique. Dommage !

En conclusion, vous l'aurez compris, ce roman a été pour moi une déception, même une très grande déception pour être complète dans mon jugement. Peut-être en ais-je trop attendu en me fiant à la couverture et au contexte de l'histoire bien plus qu'au contenu. Mais une chose est sure : je n'ai clairement pas retrouvé ce que j'attendais ! Certes, il y a des passages intéressants et poignants (notamment sur les esclaves), mais ce n'est pas assez pour me faire changer d'avis. 


2 commentaires:

  1. Une grosse déception pour moi aussi ! Très grande !

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    1. Ca me rassure je ne suis pas la seule😅
      Tu t'attendais à autre chose ?

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